La chute de la Maison-Blanche

Il y a quelque chose de presque tragique... (AFP, Mandel Ngan)

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Il y a quelque chose de presque tragique à voir ainsi se dilapider le capital d'une grande institution dont le rôle premier est d'assurer la cohésion du pays le plus puissant de la planète.

AFP, Mandel Ngan

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(Québec) ÉDITORIAL / La fonction la plus élevée, dans à peu près n'importe quel État, est toujours auréolée d'un certain mythe, que les électeurs et les élus s'efforcent tant bien que mal d'entretenir, au-delà des inévitables conflits et déceptions de la politique. Il en va de l'intérêt mutuel de la population et de ses élus, qu'ils soient une premier ou première ministre, président ou présidente.

On comprend tous qu'il y a une part de théâtre en politique, mais le vaudeville qui se déroule au vu et au su du monde entier depuis bientôt deux mois à la Maison-Blanche atteint malheureusement un niveau de toxicité qui érode aussi rapidement que sûrement le prestige d'une institution jusqu'ici vénérée par le peuple des États-Unis. 

Ce prestige diminue chaque fois que le président Trump tweete une bêtise, ce qu'il fait presque chaque jour; chaque fois qu'il perd son temps avec des sujets n'ayant aucun rapport avec ses fonctions; chaque fois qu'il se lance dans des bagarres aussi futiles que dérisoires avec une presse dont le seul crime est de rechercher la vérité.

Il s'expose au mépris, à la dérision avec chaque nouvelle faute d'orthographe, car cela démontre qu'il ne fait aucun effort pour s'assurer que ses messages, lus par des millions de ses concitoyens, soient à tout le moins correctement écrits, à défaut d'être cohérents.

Sa crédibilité s'effrite un peu plus chaque fois qu'il fait des affirmations démenties par la vérification la plus élémentaire; chaque fois qu'il nomme à des postes-clés de son administration des personnes qui n'ont ni la compétence ni les valeurs pour assumer ces responsabilités; et chaque fois que son propre comportement est la contradiction flagrante de ses déclarations antérieures.

Les fuites qui se multiplient à tous les niveaux de son administration sont le meilleur indicateur d'un niveau inquiétant de frustration ressentie par la machine devant autant d'incompétence, et une désorganisation qui crève les yeux. 

Samedi, le président des États-Unis a affirmé que son prédécesseur, Barack Obama, l'avait mis sous écoute pendant la campagne électorale. Cette grave accusation a été lancée sur Twitter, comme s'il s'agissait d'un simple ragot, ce qui risque fort d'être le cas, d'ailleurs.

Il a lancé ce tweet tôt le matin. Moins de deux heures plus tard, toujours sur Twitter, il affirme que son successeur à l'émission The Apprentice, Arnold Schwarzenegger n'a pas démissionné mais qu'il a été congédié.

À elles seules, ces deux déclarations - surtout le fait qu'elles soient traitées par lui sur le même pied - suffisent à donner la mesure de l'homme: puéril, vaniteux et vide. 

Il y a quelque chose de presque tragique à voir ainsi se dilapider le capital d'une grande institution dont le rôle premier est d'assurer la cohésion du pays le plus puissant de la planète. Les États-Unis subiront une véritable métamorphose si le Congrès accorde au président les dizaines de milliards de dollars en coupes budgétaires qu'il réclame dans les services à la population et la protection de l'environnement, pour transférer ces sommes à l'armée ou dans la construction de son mur frontalier. 

Cet exercice de déconstruction de l'État n'a qu'un seul but: assurer l'emprise d'un gouvernement d'extrême droite sur le pouvoir. Le reste est accessoire à cet objectif.




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