Déficit de confiance à la Justice

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La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a-t-elle encore la confiance du premier ministre Philippe Couillard?

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) ÉDITORIAL / La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a-t-elle encore la confiance du premier ministre Philippe Couillard? La question se posait avant même que le Journal de Québec ne révèle, mercredi, que le Conseil exécutif avait nommé un haut fonctionnaire responsable du plus important dossier au ministère, soit la mise en oeuvre de la stratégie du gouvernement visant à réduire les attentes dans les tribunaux.

Pour l'opposition, cette nomination constitue un désaveu, de la part du premier ministre, envers la titulaire de ce poste important. Ce n'est pas aussi simple que ça.

Mme Vallée affirmait hier que l'aide de Denis Marsolais lui serait nécessaire, puisqu'elle devra nommer, d'ici un mois, 16 juges et 30 procureurs de la Couronne, et embaucher 265 ressources au ministère. Plausible, mais si c'est le cas, pourquoi n'avait-on pas encore annoncé cette nomination, qui daterait du 14 décembre, selon ce que nous dit le Conseil exécutif? 

Il en faudra davantage pour nous convaincre que Mme Vallée est en mesure d'assurer l'administration de la Justice et la bonne marche de son ministère. 

Un ministère qui n'a probablement jamais autant fait les manchettes que maintenant : projet de loi sur la neutralité religieuse, avortement des mégaprocès, accumulation des retards dans les procès, nombreux besoins de rénovation des palais de justice en région, lacunes du Régime public d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) relevées par la Protectrice du citoyen, ce à quoi s'ajoute la grève interminable des juristes de l'État. La liste des dossiers ne cesse de s'allonger. 

La ministre n'a provoqué aucun de ces problèmes, bien entendu. Malheureusement, elle s'est montrée à peu près incapable, jusqu'ici, de les régler. Si elle conserve encore la confiance du premier ministre Couillard, celle de la population rétrécit comme peau de chagrin, et les choses ne semblent guère plus roses au sein de son propre ministère. 

Encore aujourd'hui, cinq postes, qu'elle aurait dû pourvoir, sont toujours vacants à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) : une vice-présidence et quatre membres à temps partiel devant assumer le mandat des droits de la personne. Cela fait maintenant plus de six mois - et presque un an, dans certains cas. Rien n'excuse ou n'explique un tel retard, même pas le petit jeu partisan auquel s'était livré le Parti québécois, qui avait bloqué sans raison la nomination de la nouvelle présidente, Tamara Thermitus. 

La ministre n'a probablement pas à porter seule l'entière responsabilité de la paralysie qui semble étouffer son ministère. Peut-être ne lui a-t-on pas laissé les coudées franches pour s'attaquer à certains de ces problèmes? Ça semble être la norme plus que l'exception au sein de ce gouvernement. 

Mais tous les ministres sont confrontés à la même réalité, quel que soit le gouvernement. Il leur revient d'affirmer leur indépendance, c'est d'autant plus vrai pour celle à qui incombe la responsabilité de procureure générale et de jurisconsulte du gouvernement. 

Le premier ministre aurait pu corriger le tir en fin d'année dans le cadre d'un remaniement, qui n'est jamais venu finalement. Son hésitation n'a fait qu'aggraver le problème. Il n'a personne d'autre que lui-même à blâmer.




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