La voie est libre pour d'autres Alep

La moitié de la population syrienne est déracinée... (AFP, George Ourfalian)

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La moitié de la population syrienne est déracinée de son foyer, de sa région. On compte plus de quatre millions de réfugiés en dehors du pays et sept millions à l'intérieur des frontières.

AFP, George Ourfalian

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(Québec) ÉDITORIAL / Des citoyens innocents fauchés par un camion à Berlin et le meurtre en direct d'un ambassadeur russe à Ankara. Rien de bien nouveau hier, finalement, dans cette année marquée par la violence, n'eut été de l'adoption, au Conseil de sécurité, d'une résolution devant mener au déploiement d'observateurs à Alep pour superviser l'évacuation des civils et la distribution de l'aide humanitaire.

Chaque événement, aussi modeste soit-il, susceptible d'alléger la souffrance de la population syrienne mérite d'être célébré. C'est l'une des rares fois, sinon la seule, où le conseil de sécurité a pu décider d'une action ayant un impact sur le terrain, sans être paralysé par un veto de la Russie.

L'envoi de ces observateurs ne fait cependant que mettre en relief le cynisme et l'hypocrisie dont tous se rendent coupables à l'endroit des civils syriens. 

Si on pouvait interrompre le siège imposé à plus d'un million de personnes par le régime, pour déloger les groupes rebelles et les organisations terroristes, ou si on pouvait empêcher la destruction des hôpitaux par les avions de l'armée syrienne, peut-être alors pourrait-on parler d'un progrès ou d'un tournant. 

Mais tout indique que les troupes fidèles à Bachar Al-Assad, avec leurs alliés russes, et iraniens, préparent un autre assaut semblable sur la région d'Idlib, où le gouvernement syrien a progressivement concentré l'opposition islamiste au fil des victoires du régime. Personne, et certainement pas les observateurs de l'ONU, ne pourra empêcher ce prochain affrontement qui s'annonce aussi sanglant que les autres. 

Plusieurs des civils qui fuient Alep sont expulsés vers cette région et s'apprêtent à revivre le même cauchemar. 

Même si la lutte contre les groupes extrémistes semble justifier ce prochain affrontement, il ne faut jamais oublier que c'est le régime Assad lui-même qui a planté les germes de ce cancer lorsqu'il a non seulement permis mais appuyé, pendant des années, ces mêmes groupes islamistes sur son territoire pour déstabiliser l'Irak.

C'est ce régime aussi qui a normalisé, depuis le règne de Hafez Al-Assad, l'horreur et la terreur comme moyen de contrôle de sa population. La sauvagerie dont son fils a fait preuve dans le présent conflit, sur sa propre population. Ce sont les conditions qui ont permis aux organisations islamistes de détourner à leur profit ce qui était à l'origine une révolte populaire. Ce fut une erreur monstrueuse sur le plan humain, mais c'est précisément ce que voulait Damas pour se justifier. 

Le résultat aujourd'hui, c'est que la moitié de la population est déracinée de son foyer, de sa région. On compte plus de quatre millions de réfugiés en dehors du pays et sept millions à l'intérieur des frontières. Près d'un demi-million auraient perdu la vie depuis le début des conflits. Voilà le prix qu'a imposé à son peuple un tyran pour se maintenir au pouvoir, ce que la Russie appelle aujourd'hui la «stabilité».

Alors oui, on doit espérer que l'entrée en action d'observateurs des Nations Unies permettra d'assurer la protection des civils qui fuient Alep, ou qui en sont expulsés, mais que fera-t-on pour éviter la répétition de ce carnage dans les autres villes assiégées où la faim et les soins médicaux sont devenus des armes? C'est surtout ça qu'il faut empêcher.

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