La congestion a aussi un prix

Congestion routière à l'entrée du pont Pierre-Laporte... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Congestion routière à l'entrée du pont Pierre-Laporte

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(Québec) ÉDITORIAL / Pour plusieurs, l'étude de faisabilité dévoilée cette semaine a définitivement enterré le projet de tunnel sous-fluvial Québec-Lévis. Peut-être, mais c'est un peu vite dit, étant donné qu'on n'a pas encore de solution de rechange pour soulager la congestion aux ponts.

D'ailleurs, peut-on vraiment parler d'un troisième lien? On pourrait dire que la construction du pont Pierre-Laporte, à la fin des années 60, n'a fait qu'accroître la capacité du premier lien. En ce sens, ce tunnel constituerait plutôt un deuxième lien qui permettrait de boucler le réseau autoroutier.

L'argument le plus convaincant contre la réalisation d'un tel projet reste l'influence qu'il aurait en matière d'étalement urbain. Les pressions, déjà fortes sur le territoire agricole à l'est de Lévis, deviendraient énormes.

L'impact en termes d'émissions de gaz à effet de serre est plus difficile à évaluer dans la mesure où, d'une part, on s'attend à ce que d'ici 20 ou 30 ans l'auto électrique aura pris une place importante dans le transport. Et une diminution des embouteillages aux heures de pointe se traduirait aussi une diminution des émissions.

Le grand intérêt de cette étude, c'est qu'en établissant le prix d'un lien additionnel pour désengorger les ponts, on nous offre en même temps un moyen de considérer les investissements pour des solutions de rechange comme des économies.

Par exemple, si un tramway avait plus d'impact sur le trafic inter-rives que le service rapide par bus, un investissement additionnel pourrait se justifier dans la mesure où il nous éviterait d'avoir à construire le fameux tunnel.

Si cette solution permettait d'utiliser l'emprise ferroviaire sur le pont de Québec, et ainsi ne pas entraver la circulation automobile, cela pourrait être une raison de plus pour que les gouvernements reprennent possession du pont et donner priorité au transport en commun pendant les heures de pointe. Là encore, le prix élevé du tunnel devient une justification économique.

Les propos du maire de Québec, Régis Labeaume, donnent parfois l'impression que la congestion sur les ponts n'est pas son problème, mais ça l'est au moins autant que la peinture. Et n'oublions pas que tous ceux et celles qui empruntent le pont participent à la vie économique de Québec. Plusieurs entreprises de la capitale en dépendent.

Si on veut à tout prix éviter d'avoir à investir dans un tunnel, on pourrait peut-être aussi décider de réduire le prix des billets pour la traverse Québec-Lévis, dont la fréquentation a faibli ces dernières années. Un déficit d'exploitation apparaîtrait alors comme un moindre mal.

L'étude de faisabilité offre par ailleurs une occasion de se rappeler que la congestion aussi a son prix, même s'il n'apparaît pas au bilan de l'État. Les ministres du gouvernement Couillard ont raison de vouloir se pencher sérieusement sur cette question, même si leur motivation est en partie électoraliste. On peut dire, dans ce cas, que la démocratie sert à quelque chose.

Le projet de tunnel est peut-être mort à court terme, mais il est loin d'être enterré. Si on veut doter la capitale d'une ceinture routière fluide, il faudra probablement se résigner, un jour ou l'autre, à créer cette boucle. Mais avec ou sans tunnel, le travail effectué par l'équipe de Bruno Massicotte n'aura pas été inutile, bien au contraire.

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