L'Office de l'énergie ne mérite pas notre confiance

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(Québec) ÉDITORIAL / Les révélations sur les rencontres entre des commissaires de l'Office national de l'énergie (ONE) et l'ex-premier ministre Jean Charest, au moment où il agissait comme consultant pour TransCanada Pipeline, sont un dernier clou dans le cercueil de cet organisme quant à sa crédibilité pour évaluer le projet Énergie Est.

L'ONE avait d'abord affirmé au journaliste Mike de Souza, du National Observer, que ses commissaires n'avaient jamais parlé du projet d'oléoduc lors de cette rencontre, au début de 2015. Il a fallu une demande d'accès à l'information pour savoir que le sujet avait été abordé à toutes les rencontres tenues avec des représentants du milieu montréalais des affaires.

Pire, le commissaire Jacques Gauthier, qui siège à l'évaluation d'Énergie Est, l'avait lui-même annoncé dans un courriel à M. Charest. Il faut rappeler que les mandats de Jacques Gauthier et de l'autre commissaire en charge du dossier Énergie Est à l'ONE, Lyne Mercier, ont été prolongés, avant l'échéance, par le premier ministre Harper juste avant les dernières élections fédérales.

En ce qui concerne l'Office national de l'énergie, le changement de gouvernement n'a pas encore eu lieu. On serait même tenté de croire que l'ère numérique n'a pas encore débuté non plus, puisque pour des audiences d'une aussi grande importance, et si controversées, l'ONE n'a pas cru bon assurer de webdiffusion, nous a appris Le Devoir hier.

Seule la diffusion audio sera accessible, et seule une partie des documents soumis sera diffusée. Les explications fournies par l'Office pour justifier cette litanie d'erreurs de jugement, quand ce ne sont pas des mensonges, sont tirées par les cheveux. 

Le processus d'évaluation est entaché depuis le début, en fait depuis qu'il a été charcuté par l'un de ces projets de loi omnibus dont le gouvernement Harper avait le secret. On avait alors enlevé cette responsabilité à l'Agence canadienne d'évaluation environnementale pour la confier à l'ONE. On sait maintenant pourquoi. Et ces cafouillages à répétition ne font que confirmer qu'il s'agissait d'une mauvaise décision politique, dont nous payons aujourd'hui le prix.

L'ONE n'a ni l'expertise ni la crédibilité pour assumer cette responsabilité.Hier, la ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna, a cherché à calmer le jeu. «Nous devons garder confiance dans le système, a-t-elle déclaré. Nous devons avoir confiance envers nos institutions et nous assurer qu'elles soient indépendantes.»

Elle s'est bien gardée, toutefois - avec raison - d'endosser les gestes posés par les commissaires ou leurs déclarations. Nous sommes tout à fait d'accord avec elle quant au besoin de rétablir la confiance des Canadiens pour les institutions et le processus d'évaluation de ces projets d'infrastructures. Mais dans le cadre que M. Harper nous impose, au-delà de son mandat, ce sera sans doute une mission impossible.

Correction à propos de M. Jacques Gauthier

Dans la version originale de ce texte, nous avons écrit par erreur que M. Jacques Gauthier, commissaire à l'Office national de l'énergie, avait été en 2010 au centre de la controverse sur l'organisme Droits et Démocratie. Ce n'est pas le cas. Nous avons confondu deux personnes portant le même nom. Nous nous excusons sincèrement de cette méprise.

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