Le naufrage du Phénix

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Mercredi, Justin Trudeau promet d'agir pour résoudre les problèmes de paye des fonctionnaires.

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(Québec) ÉDITORIAL / Ça devait transformer l'administration de la paye pour tous les employés du gouvernement fédéral, remplacer un système vétuste, en place depuis 40 ans, et nous faire économiser 70 millions $ par année. Aujourd'hui, on se retrouve devant un désastre technologique et administratif d'une ampleur rarement vue.

Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a des comptes à rendre sur ce cafouillage aussi spectaculaire que le projet était ambitieux. Un nouveau système, baptisé Phénix, doit assurer le traitement de la paye pour 184 000 fonctionnaires, au Centre des services de paye récemment aménagé à Miramichi. Ottawa a investi plus de 300 millions $ dans la modernisation de ses systèmes de paye.

Les problèmes se multiplient depuis qu'on a commencé à transférer les dossiers à Miramichi, voilà plus d'un an. Des employés qui sont des semaines, voire des mois sans recevoir leur salaire, qui doivent s'endetter pour payer leur logement, leur nourriture. Des marins qui se voient infliger des interruptions de service, pendant leur séjour en mer, faute d'avoir été payés.

Depuis l'an dernier, SPAC entretient l'illusion que le déploiement du service se déroule normalement, qu'il ne s'agit que de problèmes de rodage d'un nouveau système.

Ce n'est que cette semaine, après plus d'un an, que le ministère a reconnu l'ampleur et la gravité du problème. Des centaines d'employés se retrouvent sans salaire, 1100 n'ont pas reçu les allocations de congé parental ou les prestations d'invalidité auxquelles ils avaient droit.

S'ajoutent à cela le non-paiement du temps supplémentaire ou de surcharges de travail à près de 80 000 personnes. Les employés du Centre de Miramichi sont débordés, au point où Ottawa a dû mettre sur pied un deuxième centre de traitement temporaire à Gatineau.

En avril, alors que ces problèmes étaient déjà connus, SPAC a ignoré les demandes de L'Alliance de la Fonction publique du Canada, pour retarder la deuxième phase de ce plan. On a donc ajouté plus de 60 ministères et organismes au nouveau système, qui peinait déjà à répondre à la demande, prétendant qu'il était impossible de faire marche arrière.

Si c'est le cas, quelqu'un doit expliquer pourquoi on n'a prévu aucun coussin, aucune marge de sécurité pour s'assurer que la transition se ferait sans heurts. En même temps qu'il transférait des dizaines de milliers de dossiers, le gouvernement a remercié les quelque 1500 employés qui assuraient leur traitement dans toutes les unités à travers le pays. Sans aucune possibilité de repli, de marche arrière, la catastrophe était inévitable.

C'était la responsabilité du ministère de prévoir que la transition se déroule sans heurts. Pour un projet d'une telle envergure, cela exigeait le maintien d'une redondance des systèmes aussi longtemps que ça serait nécessaire. Devant un échec aussi retentissant, Services publics et Approvisionnement Canada doit s'expliquer, autant sur le choix de la solution que sur les mesures de transition.

C'est le rôle de l'opposition d'aller au fond des choses, et jusqu'ici elle ne fait pas son travail. On voulait remplacer un système dépassé, mais la solution retenue - un produit de la compagnie Oracle - arrive en fin de vie et risque de devenir obsolète plus tôt que tard et on se retrouvera alors à la case départ.

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