Brexit: plus facile à dire qu'à faire

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Jeudi dernier, les citoyens britanniques ont voté à 52 % pour se retirer de l'Union.

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(Québec) ÉDITORIAL / Lorsqu'on parle de souveraineté, au Québec, on pense le plus souvent à la souveraineté du peuple, de la nation, qui exprime sa volonté à travers un vote, un référendum.

Mais l'origine du mot lui-même nous ramène à l'époque où ce pouvoir appartenait au «souverain», roi ou reine. Les Québécois n'attachent aucune importance à ce détail, mais il pourrait jouer un rôle crucial dans la crise du Brexit qui secoue la nation britannique.

Un juriste britannique, Geoffrey Robertson, rappelle dans le Guardian («How to stop Brexit: get your MP to vote it down») que la Constitution du Royaume-Uni ne prévoit pas de statut décisionnel pour un référendum. C'est la reine, à travers le Parlement, qui est souveraine, c'est-à-dire les députés.

Les députés qui représentent l'Écosse, comme ceux de la capitale londonienne, seraient en droit de voter contre le retrait de l'Union européenne (UE), tout comme ceux qui représentent le Parti travailliste.

Jeudi dernier, les citoyens britanniques ont voté à 52 % pour se retirer de l'Union. Normalement, les vainqueurs auraient dû célébrer en annonçant quelles étaient leurs intentions, quelle serait la prochaine étape, mais quatre jours plus tard, le pays entier se retrouve dans une désorganisation politique complète.

Le gouvernement n'avait préparé aucun plan en prévision de la défaite. Le premier ministre Cameron avait affirmé en campagne qu'advenant un rejet de sa proposition, le processus de retrait serait enclenché dans les 24 heures suivant le vote. Il n'en a rien fait, laissant à son successeur la responsabilité de faire le sale boulot.

Y aura-t-il des élections générales? On ne le sait pas. En attendant, le Parti travailliste s'entre-déchire. Une vingtaine de députés ont abandonné leur fonction de critique de l'opposition, sur un total de 31, et exigent la tête de leur chef, Jeremy Corbyn, qui n'a aucune intention de la leur donner.

Le pays se retrouve donc dans une incertitude totale, orchestrée par le gouvernement lui-même, qui a sciemment évité de préparer ce scénario.

Il est clair que Londres fera tout en son possible pour gagner du temps et retarder les échéances, mais Bruxelles en fera tout autant pour intensifier la pression, même si la chancelière allemande Angela Merkel tente de calmer les esprits.

La confusion qui règne tient presque de la cacophonie. Personne ne s'entend sur les enjeux et chacun essaie de tirer la couverture de son côté. L'UE ne montre aucune volonté de s'attaquer au déficit démocratique qui affaiblit sa structure. Elle impose l'austérité pour décourager les pays qui voudraient s'affranchir d'une partie de leur dette et elle voudra faire un exemple de la Grande-Bretagne pour éviter que d'autres pays membres choisissent la même voie.

De l'autre côté de la Manche, les motivations de l'électorat sont tout sauf claires. Il y a avant tout une volonté de reprendre le contrôle des leviers politiques, mais il y a aussi une percée de la frange raciste et xénophobe, qui voit dans ce résultat la validation de ses positions et qui en profite pour s'en prendre ouvertement aux immigrants, comme on l'a vu ces derniers jours. Ce dont il faut vraiment s'inquiéter, c'est que cette montée se produit autant en Europe qu'aux États-Unis. C'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale que ce phénomène a une telle ampleur.

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