C'est la confusion qui est corrosive

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(Québec) ÉDITORIAL / La corrosion n'est pas le véritable problème du pont de Québec. La rouille gagne un peu plus de terrain chaque année, c'est vrai, mais le vrai problème ici, c'est plutôt la confusion.

Le député libéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, nous en a donné un autre exemple quand il a suggéré de troquer les travaux de peinture contre l'aménagement d'un troisième lien entre Québec et Lévis.

On n'avait vraiment pas besoin de ça. Cet hypothétique tunnel entre les deux rives laisse l'autre problème entier, d'abord. Et le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, qui en rajoute, proposant d'abandonner le projet de Service rapide par bus (SRB) pour privilégier ce projet de tunnel. De mieux en mieux.

Pendant ce temps, l'Ontario annonce 1 milliard $ pour la deuxième phase d'implantation du train léger à Ottawa. À Montréal, la Caisse de dépôt propose un projet de 5,5 milliards $, pour un système léger sur rail (SLR) électrique et automatisé.

Aux dernières nouvelles, personne n'a demandé à Montréal de choisir entre le pont Champlain et le SLR.

La ville de Québec doit pouvoir se doter d'un système moderne et efficace de transport en commun. Ça n'est pas négociable et ça ne peut pas être remplacé par un troisième lien interrives. La région doit parler d'une seule et même voix là-dessus, comme pour le projet de train à grande fréquence (TGF) de VIA Rail.

Ces projets ont le potentiel pour stimuler le développement de la région. L'entretien et la restauration du pont de Québec sont un tout autre dossier.

La confusion, dans ce cas bien précis, était là dès qu'Ottawa a privatisé la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), en lui refilant le pont, comme une patate chaude.

Transports Canada avait alors failli à ses obligations, car le Ministère aurait dû prévoir des «mécanismes de contrôle destinés à assurer la gestion des risques et le respect des engagements» pour ce bien public, a conclu en 2005 la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser.

«Le Ministère, expliquait-elle, n'a pas été en mesure de nous indiquer les objectifs qu'il visait en cédant au CN le pont de Québec et divers terrains.» Cette incurie est la source de tous nos problèmes. Le coût astronomique des travaux - 400 millions $ ou plus - ne sont que la dernière excuse pour ne pas s'y attaquer.

Évidemment, il est assez difficile de justifier d'investir le budget de l'amphithéâtre en gallons de peinture, mais il faut se rappeler que c'est ce genre de raisonnement qui nous a menés au point où nous en sommes.

Pour ne pas avoir à assumer ces coûts, le ministère des Transports a cédé le pont au CN. Le CN à son tour n'a appliqué qu'une «surcouche», lors des derniers travaux, au lieu des trois couches de peinture au zinc normalement utilisées. Aujourd'hui, tout le travail est à refaire.

La Cour a tranché la question de la responsabilité du CN en 2014. Le temps est venu de reconnaître la réalité. Le pont de Québec est une infrastructure publique qu'il faut entretenir, comme le pont Jacques-Cartier, qu'on repeint tous les 25 ans. Québec et Ottawa doivent s'asseoir ensemble et convenir d'un programme d'entretien, quitte à l'étaler sur 20 ans ou plus, et demander au CN d'assumer sa juste part, en fonction de l'usage qu'il en fait.

On peut aussi continuer à se mettre la tête dans le sable, mais jusqu'ici, ça n'a pas trop bien marché.

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