La réconciliation est plus qu'un mot

Le député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, est un des... (La Presse, David Boily)

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Le député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, est un des architectes de la Déclaration.

La Presse, David Boily

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(Québec) ÉDITORIAL / La semaine dernière, à New York, les ministres Carolyn Bennett et Jody Wilson-Raybould ont annoncé l'adhésion du Canada à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Ce n'est qu'un premier pas sur le chemin de la réconciliation, mais c'est par là que le gouvernement de Justin Trudeau devait commencer et il a tenu parole. C'est maintenant à Ottawa qu'on verra si les Libéraux auront le courage de passer de la parole aux actes.

M. Trudeau a une occasion de marquer l'histoire du pays s'il remplit sa promesse de renouveler les relations avec les peuples autochtones, sur un pied d'égalité. Mais c'est loin d'être fait.

La ministre de la Justice, Mme Wilson-Raybould, a placé la barre haute plus tôt cette année quand elle a déclaré qu'il fallait «finir le travail inachevé de la Confédération», rien de moins. Elle veut écrire un nouveau pacte pour s'affranchir de la Loi sur les Indiens, qui perpétue l'héritage colonialiste. Ce nouveau contrat social s'appuierait sur l'article 35 de la Constitution canadienne, lequel reconnaît les droits ancestraux et issus de traités.

Le succès ou l'échec de ce plan repose sur la notion de «consentement préalable libre et éclairé», qui est au coeur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Comment va-t-on incorporer ce principe dans les lois canadiennes?

Le député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, est un des architectes de la Déclaration. Il a déposé un projet de loi, C-262, visant à harmoniser les lois fédérales avec la Déclaration des Nations Unies. Ce texte est la suite logique de l'engagement pris par le Canada à New York, et le gouvernement devrait déjà pouvoir dire s'il entend y donner suite, s'en inspirer, ou s'il a l'intention de l'ignorer.

Une quinzaine d'organisations, allant de l'Assemblée des Premières Nations jusqu'à Amnistie internationale, ont demandé, dans une lettre ouverte, au gouvernement fédéral d'adopter C-262. La requête est endossée par le sénateur Murray Sinclair, président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Ottawa ne peut tout simplement pas l'ignorer.

L'adhésion à la Déclaration n'a de sens que si elle entraîne des changements en profondeur dans les relations entre l'État canadien et les Premières Nations. Pour que ça devienne réalité, il faudra que le pouvoir politique tienne tête au puissant lobby de l'industrie des ressources naturelles.

Au Québec, c'est de haute lutte que la nation Crie a pu faire plier le gouvernement pour arracher un accord sur le développement hydroélectrique de la Baie James. Avec l'adoption, en 1984, de la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec par le Parlement fédéral, ces deux nations sont devenues les seules à ne plus être sous l'emprise de la Loi sur les Indiens.

C'est faisable, donc, mais à condition d'avoir une réelle volonté, et celle du gouvernement Trudeau n'a pas encore été testée. L'adoption de C -262, ou son abandon, sera le premier véritable test. La vraie bataille est probablement déjà commencée, derrière des portes closes.

L'opposition du Canada à la Déclaration, à venir jusqu'à aujourd'hui, tenait à la crainte que la notion de consentement préalable libre et éclairé constitue un veto déguisé. Ça n'est pas le cas, mais l'histoire démontre que sans ce levier, il est très difficile, sinon impossible, pour les Premières Nations de faire valoir leurs droits.

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