La quadrature du cercle

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Le dossier d'Énergie Est fait parfois penser à une quête utopique pour concilier l'inconciliable.

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(Québec) ÉDITORIAL / Le dossier d'Énergie Est fait parfois penser à une quête utopique pour concilier l'inconciliable. Voilà une compagnie, TransCanada, qui se soumet à une loi à laquelle elle prétend ne pas être soumise; un premier ministre du Canada qui, juste après avoir signé l'Accord de Paris, assure que sa responsabilité première est de s'assurer que notre pétrole se rende aux marchés d'exportation; un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui évalue un projet, mais ne pourra pas poser de questions sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui y seront liées.

TransCanada soutient qu'Énergie Est réduira la dépendance du Canada à l'égard du pétrole étranger, même si la majorité du pétrole transporté sera destiné à l'exportation. 

Un accord est finalement intervenu entre TransCanada et le ministère de l'Environnement. Le promoteur accepte de se plier à une version écourtée, et plus étroite, du processus québécois d'évaluation environnementale. 

Le promoteur a étiré l'élastique pendant trois ans, en refusant de se plier aux exigences de la loi québécoise. C'est lui le premier responsable de tout retard dans le processus qui doit mener à une décision du gouvernement québécois, mais c'est Québec qui accepte maintenant d'en payer le prix en comprimant les échéances, et l'envergure de l'évaluation. 

Le BAPE, qui avait entrepris une première évaluation, aussi boiteuse fût-elle, doit maintenant tout effacer et repartir de zéro. En raison de la controverse entourant ce projet, le gouvernement «prend son temps et veut s'assurer qu'il y ait une étude environnementale et économique importante», soutient le plus sérieusement du monde le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. 

C'est une autre des contradictions qui émaillent ce dossier. «Prendre son temps» se traduit, dans la lettre envoyée par le ministère de l'Environnement à TransCanada, par «processus accéléré». 

On devra aller aussi vite qu'il est humainement possible pour un chantier de cette envergure : trois jours pour émettre la directive après l'avis de projet et six semaines pour préparer et soumettre l'étude d'impact. Les audiences doivent commencer en octobre et le BAPE devrait déposer son rapport en février 2017, selon l'échéancier convenu. La décision finale du gouvernement devrait être connue en juin 2017.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a affirmé cette semaine que l'octroi d'un certificat d'autorisation n'est pas pour autant assuré au terme de l'évaluation. On ne demande qu'à le croire. 

La décision par Québec de ne pas se pencher sur les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'extraction pourrait par ailleurs être justifiée, au bout du compte, parce qu'Ottawa a annoncé en janvier des mesures provisoires pour inclure cette question dans le dossier du réseau Trans Mountain et celui d'Énergie Est. 

Les audiences de l'Office national de l'Énergie seront ainsi prolongées de six mois pour «évaluer les émissions de gaz à effet de serre en amont imputables au projet et rendre cette information publique», et aussi pour permettre une consultation plus rigoureuse des peuples autochtones. 

Il reste à voir, maintenant, comment on pourra concilier une baisse de nos émissions avec une hausse de production des sables bitumineux.

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