C'est la politique qui pollue l'eau

Le lac Saint-Charles... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le lac Saint-Charles

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) ÉDITORIAL / Ce n'est pas un autre règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui va régler le problème de l'approvisionnement en eau de la région de Québec. Le dossier n'a pas avancé d'un iota en six ans et les mesures mises de l'avant par la Communauté métropolitaine de Québec risquent de se frapper aux mêmes écueils qu'en 2010, quand on a dû abandonner l'idée d'interdire les fosses septiques là où un réseau d'égout n'était pas accessible.

Ce que démontre la présente impasse entre Québec et les villes du nord, c'est que notre système de gouvernance de l'eau a fait son temps. On peut très bien continuer ce dialogue de sourds, si ça nous amuse, mais si notre but est de protéger la source d'eau potable de Québec, il faut se résoudre à dépolitiser ce dossier et à créer quelque chose qui ressemble à un RTC de l'eau.

La gestion de cette ressource transcende les frontières municipales et elle requiert la coordination de tout un réseau d'infrastructures interconnectées, qui va des maisons jusqu'aux usines d'épuration et de filtration sur un vaste territoire. Pour gérer efficacement ce réseau, il faut prendre des décisions qui vont pénaliser certaines municipalités alors que d'autres profitent des retombées. Les affrontements politiques sont inévitables, et stériles. 

On se retrouve dans une situation où le maire de Québec se sert de son pouvoir au sein de la Communauté métropolitaine pour imposer sa loi, avec le succès que l'on sait. Il tient un discours qui plaît à ses électeurs, pendant que l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL), sert de bouc émissaire aux mécontents, parce que c'est à travers elle qu'arrivent les mauvaises nouvelles. Ça ne peut pas vraiment continuer ainsi.

Une structure suprarégionale et apolitique serait beaucoup mieux placée pour gérer cette importante ressource et faire en sorte que les coûts soient répartis de façon équitable entre tous les citoyens du territoire. 

Le maire de Québec Régis Labeaume a profité de son voyage en Europe pour donner en exemple le rétablissement du lac Léman. «Ce qu'on fait ici est ce qu'on veut atteindre comme objectif, a-t-il déclaré au moment de sa visite. On me dit qu'à l'époque, il y a eu des râleurs et des batailles politiques...» 

Ce qu'il devrait retenir, justement, c'est que la création en 1962 de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) a certainement contribué à s'affranchir du carcan politique. La CIPEL est d'ailleurs dirigée par une biologiste, que M. Labeaume a eu l'occasion de rencontrer lors de son passage là-bas. 

Depuis l'adoption du dernier règlement de contrôle intérimaire (RCI), en 2010, très peu de choses ont changé, et cet immobilisme prolongé est largement responsable de la précipitation à laquelle on assiste depuis l'automne dernier, de l'improvisation aussi, voire des contradictions qui ont marqué les dernières semaines. 

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, et Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales, ne peuvent pas se laver les mains de ce dossier. La gestion de l'eau potable deviendra un enjeu de plus en plus important dans l'ensemble du Québec et ils ont l'occasion de tracer une nouvelle voie, de créer quelque chose de neuf. Ces occasions-là ne se présentent pas si souvent.

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