Le cauchemar américain

Donald Trump... (AP, Steve Helber)

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Donald Trump

AP, Steve Helber

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(Québec) ÉDITORIAL / Ce soir, Donald Trump saura s'il pourra réaliser son rêve d'être choisi candidat du Parti républicain à la présidence des États-Unis. Tout indique que ce parti, qui fut un jour celui d'Abraham Lincoln, est prêt à sceller l'union avec ce bouffon grotesque et sans scrupules qui a piétiné, pendant sa campagne, toutes les valeurs de son pays.

Son slogan, «Make America Great Again», prétend vouloir rendre aux États-Unis une grandeur perdue. Mais la seule grandeur qui l'intéresse est celle de son ego. L'homme qui sera bientôt à la tête du Parti républicain est un parasite absolu et un égocentrique. Sa victoire, si elle se confirme aujourd'hui, ne doit pas nous surprendre.

Elle repose tout d'abord sur une radicalisation de la droite, qui ne touche pas que les États-Unis. On voit la même chose en Europe, et en France notamment avec le Front national. Des deux côtés de l'Atlantique, c'est le même thème qui, de tout temps, fait le pain et le beurre de la droite : l'immigration. Le «mur» que veut ériger Donald Trump entre le Mexique et les États-Unis ne sert qu'à alimenter ce courant.

Mais pour trouver l'élément qui a déclenché cette glissade des républicains vers l'extrémisme, il faut remonter aux attentats du 11 septembre 2001. Cette tragédie a entraîné le pays dans une guerre où il a fini par perdre ses repères et piétiner ses principes.

Sous George W. Bush, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld ont pris le contrôle de l'État et alimenté un climat de peur, voire de paranoïa, qui a empoisonné la vie politique.

Avant de s'étonner des succès de Donald Trump, il faut aussi se souvenir qu'avant lui, Sarah Palin a été choisie candidate à la vice-présidence; qu'un mouvement réactionnaire comme le Tea Party a fait la pluie et le beau temps au sein du Parti républicain, imposant sa loi aux élus du Congrès.

Ted Cruz et Marco Rubio sont de purs produits de l'ultraconservatisme religieux du Tea Party et ils sont aujourd'hui les derniers rivaux qui se dressent devant Trump, si on exclut John Kasich et Ben Carson, dont les chances sont pour ainsi dire nulles.

L'autre facteur qui explique le succès de Trump, l'atout imbattable qu'il possède devant ses adversaires, c'est sa maîtrise des médias. L'expérience acquise dans la téléréalité lui a enseigné comment modeler son image.

La recette est simple : choquer, choquer et encore choquer. Sur chaque dossier, sur chaque controverse, Donald Trump se positionne à l'extrémité du spectre. Et quand l'effet de surprise commence à s'émousser, il trouve un nouveau cheval de bataille.

Il donne à ses partisans l'impression d'un homme qui n'a peur de rien parce qu'il dit n'importe quoi, littéralement. En fin de compte, ce qu'il dit n'a pas tant d'importance, du moment que c'est excessif. Les journalistes ont beau étaler ses contradictions, ses mensonges, ses exagérations, ses erreurs, ça ne fait aucune différence. Pourquoi?

Parce que Donald Trump ne fait pas campagne sur une idéologie. Il vend de l'émotion. Ceux et celles qui se rangent derrière lui le font d'abord et avant tout parce qu'il leur donne l'impression d'avoir du pouvoir. Et plus la presse, plus l'establishment se lèvent contre lui, plus forte est leur impression de détenir ce pouvoir. C'est un cercle vicieux qui fait de lui un adversaire dangereux, capable de faire du rêve américain un cauchemar.

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