Virus Zika: aucun temps à perdre

À Acapulco, on procédait mardi à une fumigation... (AFP, Pedro Pardo)

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À Acapulco, on procédait mardi à une fumigation massive contre les moustiques.

AFP, Pedro Pardo

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(Québec) ÉDITORIAL / Le monde ne s'est pas encore totalement remis de la bataille livrée contre Ebola, en Afrique, qu'un autre front s'ouvre en Amérique du Sud. L'explosion du nombre de cas de microcéphalies au Brésil annonce une nouvelle guerre et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a agi avec prudence en déclarant dès maintenant que cet épisode constituait une «urgence de santé publique de portée internationale».

S'il est trop tôt encore pour établir scientifiquement le lien entre ce virus qu'on croyait inoffensif et les malformations du cerveau chez les bébés naissants, les indices qui s'accumulent déjà justifient amplement le déclenchement de l'alerte. 

Le vecteur de transmission de la maladie est un moustique qu'on retrouve en Asie, en Afrique et dans les Amériques, où il s'étend du Brésil jusqu'à la Floride. Et la menace a pris une autre dimension, hier, quand les services de santé de Dallas, au Texas, ont confirmé un cas de transmission du virus par contact sexuel. 

Cette éclosion survient au moment où le Brésil s'apprête à recevoir un demi-million de visiteurs et d'athlètes du monde entier pour les Jeux olympiques de Rio, au mois d'août. Le gouvernement brésilien tente de se faire rassurant en disant qu'en dehors des femmes enceintes, le virus ne pose aucun risque pour la santé. C'est ce qu'on appelle une mince consolation.

Un organisme sud-américain d'étude des malformations congénitales (ECLAMC) tente de calmer le jeu en affirmant que les «rumeurs» ne font qu'amplifier le nombre de détections. Il n'en reste pas moins que les médecins avaient constaté une multiplication des cas de microcéphalie bien avant que la rumeur s'emballe. 

À la mi-novembre, le ministère de la Santé faisait déjà état de 141 cas suspects de microcéphalie, dans l'État de Pernambouc, où on n'enregistre normalement qu'une dizaine de cas par année. Cette région du nord-est est aussi celle où l'éclosion du virus était la plus virulente. L'évolution, dans le temps et sur le territoire, des cas de microcéphalie correspond à celle du virus, disent les spécialistes, dont ceux de l'OMS. 

Depuis octobre, le Brésil a dénombré plus de 4000 cas potentiels de microcéphalie dans tout le pays. La majorité de ces cas ne résisteront pas à l'examen, mais il en reste néanmoins un nombre suffisant pour faire craindre le pire. Selon un spécialiste brésilien des maladies infectieuses, le Dr Artur Timerman, les cas pourraient se compter par dizaines de milliers, d'ici 2020, au Brésil seulement. Ce virus présente un danger aussi grand, sinon plus, que la rubéole. 

L'OMS se devait donc de réagir le plus tôt possible. C'est la leçon durement apprise pendant l'épidémie d'Ebola. La rapidité d'intervention peut faire une différence énorme dans l'ampleur que prendra le problème. 

Zika n'est pas un virus aussi meurtrier qu'Ebola, mais il sera plus difficile encore de contenir l'expansion de cette maladie qui se propage par le truchement des insectes. Et dans un pays comme le Brésil, où l'avortement est illégal, la lutte contre ce virus est autant un problème de santé qu'un problème de conscience. Il est irréaliste de penser que les femmes vont tout simplement cesser de procréer à cause du risque.  

On compte déjà trois cas au Québec. Tôt ou tard, la bataille contre cette maladie risque de nous atteindre.

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