Un héritage à mettre en pratique

Jean-Paul L'Allier... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Jean-Paul L'Allier

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) ÉDITORIAL / L'héritage qu'a laissé à Québec le maire Jean-Paul L'Allier ne se limite pas aux immeubles et aux espaces urbains qu'il a tissés. Au-delà des hommages touchants qui lui ont été rendus, il faudrait aussi se rappeler sa façon de faire les choses, et s'inspirer, encore aujourd'hui, des principes qui l'ont guidé. Ce sera la meilleure façon de pérenniser sa mémoire.

Il a su concevoir la ville comme un tissu urbain vivant, où toutes les fonctions ont leur place. Il a toujours cru, aussi, qu'on pouvait faire confiance à la démocratie municipale.

On aurait pu appliquer ces principes au dossier de la démolition du Centre Durocher, dans le quartier Saint-Sauveur. La Ville aurait dû se montrer plus préoccupée par la disparition de ce pôle et trouver une façon non seulement de le préserver, mais de le mettre en valeur, de s'en servir pour donner vie à un milieu. 

Qui aurait cru, à la fin des années 80, que les bâtiments délabrés qui vivotaient sur la côte d'Abraham pouvaient encore avoir de la valeur et un avenir? Cette année, la Coopérative Méduse y a célébré ses 20 ans et elle est assurée d'y être pour au moins 20 ans encore. 

Méduse a été l'une des bougies d'allumage dans la relance du quartier Saint-Roch. Le Centre Durocher aurait pu, et aurait dû, être le complexe Méduse de Saint-Sauveur. Il aurait d'abord fallu commencer par y croire. 

Les maires se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement, d'ailleurs. C'est ce qui fait qu'un maire, ou une mairesse, peut réussir là où ses prédécesseurs se seront cassé le nez. Le nom de Régis Labeaume sera toujours associé à la réalisation d'un amphithéâtre, depuis longtemps souhaité par les citoyens de sa ville. 

Il sera aussi associé à d'autres projets à grands gabarits de promoteurs immobiliers, comme la construction du projet Fresk, tour de 20 étages érigée près de la bibliothèque Gabrielle-Roy, un édifice qui marque une rupture avec ce qui avait fait jusqu'ici l'identité du quartier Saint-Roch. 

De même, si le projet se réalise, son nom sera associé à la réalisation du Phare de Québec, l'immeuble de 65 étages que souhaite construire le Groupe Dallaire près des ponts. 

Le défi, tant avec l'amphithéâtre et ces édifices en hauteur, reste leur intégration au tissu urbain de Québec. Pourra-t-on faire en sorte qu'ils insufflent de la vie dans leur environnement, ou vont-ils au contraire l'étouffer? 

M. L'Allier a toujours cru au pouvoir de la démocratie municipale, mais il n'était pas pour autant partisan des référendums citoyens sur les projets et les politiques de la Ville. Le maire Labeaume et lui se rejoignent sur ce point, d'ailleurs. 

Pour M. L'Allier, la consultation devait se faire en amont, avant l'adoption des projets et des politiques. C'est ce qui s'est fait avec le programme particulier d'urbanisme (PPU) du plateau centre de Sainte-Foy, qui n'autorise pas la construction d'un édifice de cette envergure. 

Mais pour être valable, cette consultation doit déboucher sur un pacte qu'on s'engage à respecter de part et d'autre. Si, comme l'a déjà indiqué la Ville de Québec, la décision d'aller de l'avant avec Le Phare, en contravention avec le PPU, n'est maintenant plus qu'une formalité, alors on trahit à la fois la lettre et l'esprit de cet exercice de démocratie municipale. Et il n'y a plus de contrat.

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