Le culot des Chantiers Irving

Le chantier maritime Davie à Lévis... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le chantier maritime Davie à Lévis

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) ÉDITORIAL / Cela nous a sans doute échappé, mais à quel moment de la campagne Justin Trudeau a-t-il annoncé qu'il allait remettre en question le contrat pour la conversion d'un porte-conteneurs en pétrolier ravitailleur pour la Marine canadienne?

Parce qu'il n'y a pas si longtemps, au mois d'août, le candidat libéral Jacques Turgeon non seulement félicitait le chantier maritime Davie pour avoir conclu cette entente avec Ottawa, mais reprochait aux conservateurs les «mois de tergiversation» qui avaient retardé cette signature.

Il déplorait qu'au lieu d'un contrat en bonne et due forme on se contentait d'une lettre d'intention. Et une semaine avant le vote, il disait qu'il «sera possible de respecter l'entente».

Que s'est-il passé pour que, quelques semaines plus tard, M. Trudeau déclare, à propos de ce même contrat, qu'il veut «réparer les dégâts faits par le gouvernement antérieur», pour satisfaire les besoins des Forces armées «à un prix responsable». Quant aux travailleurs inquiets pour leurs emplois, «nous allons penser à eux». C'est tout ce que Philippe Couillard a pu arracher à son homologue fédéral, et c'est totalement inadéquat.

Ce qui a changé le 19 octobre, c'est que les Maritimes au grand complet ont élu des libéraux, et seulement des libéraux, dont le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, et Dominic LeBlanc, leader en Chambre et ami d'enfance de M. Trudeau. Les Chantiers Irving tentent de capitaliser sur cet avantage.

Il en faut du culot, quand même, pour ainsi faire pression sur le conseil des ministres en se prétendant victime d'un processus inéquitable. En 2011, Irving se voyait accorder la part du lion de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale, en étant choisi comme constructeur de tous les navires de combat pour les décennies à venir.

Et en janvier de cette année, Ottawa annonçait, en catimini, qu'en plus de la construction, Irving se voyait aussi désigné maître d'oeuvre. Sans aucun appel d'offres. On parle ici de dizaines de milliards de dollars pendant 30 ans pour ce seul volet.

Peut-être M. Trudeau a-t-il de bonnes raisons de réexaminer une lettre d'entente conclue avec Davie en période électorale, mais a-t-il oublié qu'en début d'année sa propre critique en matière de défense, Joyce Murray, soulevait des questions sur le premier contrat accordé à Irving dans le cadre de la stratégie nationale?

Elle demandait pourquoi, après avoir ajouté 400 millions $ à l'enveloppe initiale de 3,1 milliards $, on ne construira que six navires de patrouille extracôtiers au lieu des huit prévus. Et encore, l'entente permet à Irving de n'en construire que cinq, pour le même prix, si ça lui chante.

Cette semaine, le président des Chantiers Irving, Kevin McCoy, a accusé la Canadian Shipbuilding Association, qui s'est portée à la défense de Davie, de n'être que le porte-voix des chantiers lévisiens. Il faut se pincer pour le croire. La réalité est plutôt que cette entreprise, qui contrôle tous les leviers dans les Maritimes, de l'énergie jusqu'aux médias, ne peut concevoir que l'association ne soit pas à sa solde.

La compagnie Irving veut parler d'équité? Parlons-en alors, mais pour Québec aussi. La région doit recevoir sa juste part des emplois de la construction navale, à un prix responsable.

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