Le pacte qui nous lie aux vétérans

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Des soldats canadiens au camp Julien, à Kaboul, en 2005

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(Québec) ÉDITORIAL / Selon les chiffres de la Défense nationale, 158 membres des forces armées canadiennes ont perdu la vie pendant les 13 années qu'a duré la mission en Afghanistan. Mais une enquête que vient de publier le Globe and Mail révèle que le bilan est plus élevé, car au moins 54 militaires canadiens se sont enlevé la vie après avoir servi en Afghanistan.

Il a fallu près d'un an au quotidien de Toronto pour compiler ces données, malgré la réticence du ministère de la Défense nationale. Impossible de savoir si tous ces suicides sont dus au service militaire ou à d'autres facteurs, mais ces chiffres montrent que les coûts humains de cette longue mission sont sous-estimés et trop souvent méconnus du public.

Cela met d'abord en évidence l'importance de donner accès à l'information. Sans le travail du Globe, on n'aurait jamais pu prendre la mesure de cet impact. Ces données devraient pourtant être accessibles en tout temps, car elles seules permettent de savoir si les programmes mis en place correspondent aux besoins.

Le dossier des anciens combattants a hanté le gouvernement de Stephen Harper depuis son premier mandat. L'imminence des élections avait forcé Ottawa à déposer le projet de loi C-58, qui corrigeait certaines lacunes. Mais ce fut trop peu trop tard.

Le projet de loi du ministre conservateur Erin O'Toole était un effort de rapprochement envers les vétérans, avec une reconnaissance du «contrat» qui nous lie à ceux et celles qui risquent leur vie en notre nom. C-58 comprenait un paragraphe qui évoque, de façon imprécise, l'obligation du peuple canadien de «rendre un hommage grandement mérité» aux militaires, à travers la «fourniture de services, d'assistance et de mesures d'indemnisation».

C'est un pas dans la bonne direction, mais c'est totalement insuffisant. Il revient maintenant au nouveau gouvernement libéral de M. Trudeau de formaliser les obligations de tous les Canadiens d'une manière beaucoup plus complète et spécifique. 

Pendant la campagne, le chef libéral a déjà pris plusieurs engagements envers les vétérans, notamment de hausser la couverture offerte par l'allocation de perte de revenus, qui passerait de 75 % à 90 % du salaire; la réouverture des neuf centres de service fermés par le gouvernement conservateur; le rétablissement des pensions à vie pour les anciens combattants blessés et une augmentation du montant des indemnités d'invalidité.

Il doit maintenant mettre en oeuvre ce programme, mais celui ou celle qui se verra confier cette responsabilité devrait s'inspirer de l'exemple du Royaume-Uni pour définir de manière plus formelle ce fameux «contrat social». Le gouvernement britannique a précisément défini dans un document, The Armed Forces Covenant, les termes de ce contrat. 

Le pacte en question n'a pas force de loi mais il offre un solide point de repère sur lequel les militaires peuvent s'appuyer afin de réclamer l'équité et obtenir juste compensation pour les blessures, morales ou physiques, causées par leur service.

Le document définit au sens le plus large la «communauté des Forces armées», il établit les principes qui servent à guider les politiques, à concevoir les services dans tous les domaines. 

Cela fait des années qu'Ottawa affronte des groupes de vétérans sur l'existence ou non de ce fameux pacte moral. Il faut maintenant rendre les armes, s'asseoir à la même table et l'écrire, ce pacte.

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