30 octobre 1995 : la défaite du Non

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Le camp fédéraliste a crié victoire en 1995, mais les célébrations n'ont pas duré.

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(Québec) Vingt ans après le référendum de 1995, le Québec reste assis entre deux chaises. Nous avons écarté l'indépendance, mais nous n'avons toujours pas signé la constitution du pays auquel, par la force des choses, nous appartenons.

Dans les 20 années qui se sont écoulées entre l'accession du PQ au pouvoir en 1976 jusqu'au référendum de 1995, il y a eu quatre tentatives infructueuses pour dénouer l'impasse. Et puis rien pendant les 20 années suivantes. L'appétit pour les conférences constitutionnelles s'est envolé en même temps que celui pour les référendums. 

La foi dans l'idée d'indépendance s'est elle aussi diluée avec la génération qui a suivi, en même temps qu'elle glissait lentement vers la droite de l'échiquier politique. Le premier ministre Philippe Couillard ne rate pas une occasion de saluer le «lent déclin du mouvement souverainiste», mais il ferait mieux de ne pas célébrer la victoire trop vite. 

Il suffirait d'un autre échec, un troisième, lors d'une hypothétique série de négociations constitutionnelles pour que tout à coup, le feu que l'on croyait éteint ait accès à une nouvelle source d'oxygène. Il est beaucoup plus facile de jubiler que d'aller chercher un compromis honorable à la table de négociation. 

Ceux qui l'ont précédé le savent trop bien. Le camp fédéraliste a lui aussi crié victoire en 1995, mais les célébrations n'ont pas duré. Les réformes promises par Jean Chrétien pour répondre aux aspirations du Québec ne sont jamais venues, pas plus que celles promises par Pierre Elliott Trudeau avant lui, au référendum de 1980, qui a mené au rapatriement de la Constitution.

On peut se satisfaire du statu quo, l'union de fait équivaut au mariage de nos jours, mais cela ne constitue pas une base solide sur laquelle construire un pays pour les générations à venir. Nous vivons une trêve présentement, elle ne durera pas éternellement. 

Le climat et les acteurs ont changé, mais les souvenirs de Meech et de Charlottetown suffisent, pour l'instant, à dissuader la nouvelle génération de chercher une solution au casse-tête constitutionnel.

La solution ne peut toutefois pas être de se réfugier derrière la Loi sur la clarté référendaire. Si une majorité de Québécois se prononçait en faveur de l'indépendance, en réponse à une question claire, un refus de négocier par Ottawa serait une grave erreur, lourde de conséquences. 

Cette éventualité reste toutefois improbable. Deux choses font cruellement défaut au mouvement souverainiste : l'enthousiasme et un leader charismatique et rassembleur. 

Un sondage CROP récemment publié dans Le Devoir révélait que moins de 22 % des Québécois, y compris les partisans du PQ, croient que le projet indépendantiste aboutira un jour. 

Il faut aussi se rappeler que la quasi-majorité obtenue en 1995 est due au leadership de Lucien Bouchard, qui a pris le devant de la scène quand Jacques Parizeau l'a désigné comme futur négociateur en chef des Québécois, au beau milieu de la campagne. 

M. Péladeau se retrouve, toutes proportions gardées, dans une position semblable à celle de M. Parizeau. Il jouit d'une forte popularité au sein de ses troupes, mais on le voit difficilement réussir là où Lucien Bouchard a échoué. 

Le sondage CROP nous disait aussi autre chose : une majorité de Québécois se disent insatisfaits du statu quo actuel. Tôt ou tard, quelqu'un devra relever ce défi.

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