Une course à trois ou à deux?

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(Québec) Stephen Harper peut jouer plusieurs cartes, dans la campagne électorale en cours, sauf une : celle du changement. C'est l'envers de la médaille pour tout premier ministre sortant. Malheureusement pour lui, c'est précisément le thème des élections qui sont déjà en cours.

Libéraux et néo-démocrates ont tous les deux tenté de s'approprier ce territoire mardi. Le vent gonfle les voiles du NPD depuis la victoire de Rachel Notley en Alberta, et les libéraux devaient s'interposer avant que leur adversaire soit hors de portée. Ils l'ont fait en dévoilant une série de réformes démocratiques, le jour même où Thomas Mulcair prononçait une conférence devant le gratin du monde des affaires, au Club économique de Toronto.

Cette journée illustre parfaitement la nature de cette course. Pendant qu'à Ottawa, Justin Trudeau dévoilait un plan de réformes dignes du NPD, M. Mulcair, lui, courtisait la clientèle traditionnelle du Parti libéral avec un discours sur le soutien à l'industrie manufacturière et les PME.

M. Trudeau s'est même glissé dans la peau de Jack Layton, en reprenant la formule que celui-ci avait utilisée quand le NPD est devenu l'opposition officielle en 2011 : «Ottawa est brisé et nous allons y remédier.»

Il a aussi promis qu'advenant une victoire de son parti, il procéderait immédiatement à une réforme du mode de scrutin actuel - uninominal à un tour - pour implanter un système de représentation proportionnelle. Les néo-démocrates caressent le même projet. Ils ont même tenté d'en faire adopter le principe par la Chambre des communes, par une résolution présentée en décembre dernier. M. Trudeau avait alors voté contre...

Jusqu'ici, les annonces faites par les libéraux n'ont pas eu l'impact espéré. Par malchance, lorsque la Cour suprême choisit le même jour pour rendre un jugement sur l'aide au suicide, ou par erreur stratégique, lorsque c'est le parti qui choisit le jour où les Albertains sont allés aux urnes.

Mais on ne perd pas toujours à ce petit jeu et mardi, M. Trudeau a probablement marqué des points, attirant vers lui les caméras le jour où Thomas Mulcair voulait consacrer son statut de meneur devant un auditoire important de gens d'affaires.

Il l'a certainement emporté sur la mise en scène, mais le talon d'Achille du chef libéral est toujours aussi évident, dès que les questions s'éloignent du script prévu. Interrogé sur ses absences répétées à la période des questions, ou sur son appui au projet de loi C-51, contesté même après son adoption, Justin Trudeau se replie sur des slogans ou bien ignore totalement l'objet de la question. Cela augure mal pour les débats qui s'annoncent nombreux.

Cette guerre à deux ne laisse qu'une très mince marge de manoeuvre au Parti conservateur. M. Harper ne peut espérer faire de gains chez les indécis ni chez les progressistes. Il continue de cibler Justin Trudeau, parce que s'en prendre à Thomas Mulcair reviendrait en quelque sorte à confirmer sa position de favori. Embêtant.

Au point où il en est, de toute façon, Stephen Harper n'a plus rien à perdre et tout à gagner. Abandonné par ses principaux ministres, il donne de plus en plus l'image d'un chef isolé, assiégé, qui fait tout pour concentrer le pouvoir entre ses mains.

Dans son univers, la démocratie est au service du pouvoir et il lui est impossible, désormais, de convaincre les Canadiens du contraire. Il n'a pas encore perdu les élections pour autant mais il ne peut plus, désormais, compter que sur ses adversaires pour gagner.

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