Un chef recyclé pour le Bloc

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(Québec) Le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc québécois redonne espoir à ses troupes, mais il en faudrait plus pour changer la dynamique de la campagne en cours. M. Duceppe n'a pas tort quand il dit qu'un «nouveau cycle politique commence», mais cela va bien au-delà de son retour.

La mort de Jacques Parizeau nous rappelle que rien ni personne ne résiste à l'érosion du temps. Le nouveau «cycle» du mouvement souverainiste est avant tout incarné par Pierre Karl Péladeau et par un autre retour, peut-on anticiper, celui de Jean-Martin Aussant, qu'il a lui-même évoqué dans le touchant hommage rendu à son mentor, mardi.

M. Duceppe, grand-père depuis un bon moment déjà, est plus associé à l'ancien cycle qu'au nouveau, mais il a démontré hier matin, en conférence de presse, qu'il n'avait rien perdu des réflexes qui faisaient de lui un des plus solides représentants du Québec à la Chambre des communes.

Sa critique mordante du Nouveau Parti démocratique (NPD) visait juste, et elle aura probablement eu plus d'échos que tous les discours de Mario Beaulieu depuis le jour de son élection.

Gilles Duceppe a loué le «courage et l'abnégation» de M. Beaulieu, qui accepte de lui céder la direction du parti sans que son leadership ait été formellement contesté, mais cela ne fera pas oublier que ce retour en politique est un aveu d'échec de celui qui était, jusqu'à hier encore, chef du parti.

Avec le seul et dernier député qui lui reste, Louis Plamondon, le Bloc est plus mort que vivant. À moins d'un revirement, tout portait à croire que M. Beaulieu en aurait été le fossoyeur, et M. Péladeau en aurait rapidement fait son deuil.

C'est beaucoup demander à M. Duceppe que de porter sur ses seules épaules la relance d'une formation politique dont la pertinence n'est pas plus évidente aujourd'hui qu'elle en 2011.

Il faut prendre avec un grain de sel les sondages qui créditent au Bloc, sous le leadership de Gilles Duceppe, 30 % des intentions de vote. Il ne s'agit que d'un cliché qui ne prend pas en compte l'ensemble des enjeux des élections fédérales d'octobre.

Car les souverainistes québécois ne sont pas les seuls à voir un nouveau cycle politique. Les Canadiens, quelle que soit leur province, doivent décider s'ils sont prêts à confier un nouveau mandat au gouvernement de M. Harper.

Cet enjeu, plus que l'indépendance, sera la priorité d'une large partie de l'électorat au Québec. Qui aura les meilleures chances d'évincer les conservateurs du pouvoir?

Aucun des deux partis d'opposition ne peut espérer prendre le pouvoir sans l'appui des Québécois. Le vote risque fort d'être stratégique dans ce contexte. Quelle sera la meilleure option? Envoyer un député du Bloc défendre nos intérêts tout en laissant le contrôle de l'État au Parti conservateur, ou bien appuyer l'un des deux partis d'opposition dans l'espoir que celui-ci forme le prochain gouvernement et soit en meilleure position, alors, pour faire valoir les droits du Québec?

Les cycles politiques ressemblent parfois à des cyclones. L'Alberta vient d'en faire l'expérience avec l'élection d'un gouvernement néo-démocrate qui a interrompu des décennies de règne conservateur. Cette victoire inattendue en fera réfléchir plusieurs au cours des mois à venir. Les sondages montrent que le NPD fait des gains importants à la grandeur du pays, et un gouvernement fédéral néo-démocrate n'a rien d'une hypothèse farfelue. La lutte risque donc d'être polarisée entre Trudeau et Mulcair, et il sera difficile, pour M. Duceppe, d'y faire une place pour son parti.

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