La transparence avant tout

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(Québec) Le conflit - on peut maintenant employer ce terme - entre l'Université Laval et le ministre de l'Éducation n'est pas sur le point de se régler. L'entrevue que nous a accordée John Porter laisse plutôt croire que les choses se sont envenimées. À la mésentente initiale sur les conditions de rémunération d'après-mandat, visant la direction de Laval, s'ajoute maintenant un conflit de personnalités où de fausses perceptions, de part et d'autre, alimentent la méfiance.

M. Porter, qui préside le conseil d'administration de l'université, a répondu à l'invitation que lui faisait Le Soleil de s'expliquer sur ce dossier. Nous avons pu, pendant plus de deux heures, lui poser toutes les questions voulues. L'Université Laval aurait eu intérêt, dès que cette histoire est apparue en décembre, à se prêter à un tel exercice, lui-même en convient aujourd'hui.

Un conflit oppose d'abord des individus, au-delà des institutions que ceux-ci représentent. Le président du conseil d'administration de l'Université Laval a ainsi vu un manque de loyauté, de la part de certains membres du conseil, dans la fuite initiale de décembre dernier, sur la décision de prolonger la période de transition pendant laquelle un membre de la haute direction conserve un pourcentage de son salaire. 

Il croit que ce geste faisait partie d'une stratégie de négociation de la part des syndicats, à tort ou à raison. Cela peut expliquer que Laval se soit repliée sur ses positions, au moment où il aurait mieux valu pour elle d'ouvrir son jeu. 

M. Porter a par ailleurs une curieuse idée de la transparence. "Je ne gère pas sur la place publique", nous dit-il, ajoutant que la transparence, c'est d'abord la confiance qui doit régner au sein d'un conseil d'administration. La définition est trop étroite, cependant elle ne l'a pas empêché de suggérer lui-même, cette semaine, de rendre compte sur une base annuelle des coûts encourus par la politique de rémunération. 

Il maintient que, compte tenu de la baisse de 3 % des salaires, déjà en vigueur,  décrétée dans la foulée de cette controverse, le bilan prouvera qu'il en résulte une économie en fin de compte. On peut en douter, mais au moins, la solution qu'il propose aurait le mérite de trancher la question. Elle répond aussi à nos attentes en matière de transparence de la part d'une institution publique.

La nouvelle formule permet à un ex-dirigeant de toucher plus de 95 % de son salaire pendant les trois premières années d'après-mandat, alors que l'ancienne formule équivaut à une moyenne de 80 % par année. S'ajouteront ensuite trois années additionnelles à 75 % du salaire. Mais si la personne réintègre une fonction avec un salaire équivalent, ou si elle prend sa retraite, l'impact sera nul. 

John Porter affirme que ces changements ont été adoptés sur les recommandations d'un membre du conseil et actuaire réputé, Claude Dussault, dans le but de garder au service de Laval ses meilleurs gestionnaires. Ce qui nous place devant un dilemme. Si la mesure vise à améliorer la rémunération, peut-elle aussi générer des économies? Et si l'effet est nul, pourquoi s'être donné tout ce mal?

Il manque encore quelques pièces au casse-tête, mais on doit au moins reconnaître que M. Porter s'est prêté de bonne grâce à l'exercice qu'on lui demandait. 

Il en faudra toutefois beaucoup plus pour rétablir les ponts entre lui, le recteur de Laval Denis Brière, et le ministre Blais. Les flèches que le ministre a envoyées à M. Porter, en chambre, sur le mandat "très bien payé" sur la loi-cadre des universités étaient blessantes et inutiles.

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