L'affaire Valcourt

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(Québec) l y a des dossiers en politique dont l'importance politique est inversement proportionnelle aux impacts réels, comme «l'affaire Duffy». Pour d'autres, c'est le contraire. Le sujet ne suscite pas une fraction de l'intérêt qu'il mérite alors que les impacts sont énormes. Appelons-le l'affaire Valcourt.

Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, devait répondre, le 13 mai en comité plénier du Parlement, sur le budget des dépenses et les priorités de son ministère pour l'année à venir. La session a eu lieu en soirée, devant peu ou pas de journalistes. C'est malheureux parce que, contrairement à l'affaire Duffy, les dossiers de ce ministère sont des affaires de vie et de mort.

C'était l'occasion pour le ministre de démontrer qu'il maîtrise ses dossiers, qu'il assume ses responsabilités. Et Bernard Valcourt a échoué lamentablement.

Remarquez, l'opposition a l'avantage de la glace, en quelque sorte, car elle a tout le loisir de choisir ses questions dans un des dossiers les plus complexes du gouvernement fédéral. Mais même ça n'excuse pas la réponse odieuse que le ministre a servie au député néo-démocrate Charlie Angus, qui voulait savoir s'il connaissait le taux de suicide parmi les jeunes, sur les réserves dont il a la garde.

«Le député se méprend sur les responsabilités de mon ministère, a-t-il dit. Ce sont les parents qui sont responsables de ces enfants, d'abord et avant tout, comme partout ailleurs au Canada.»

Comme abdication de ses responsabilités, il est difficile de faire pire.

Cet échange était le point culminant d'une longue série de questions, qui ont mis en relief l'insouciance du ministre, pour ne pas dire son incompétence, devant l'état pitoyable des conditions de vie dans plusieurs communautés.

M. Valcourt, malgré l'aide de ses conseillers, ne pouvait pas dire combien d'enfants sont placés sous la responsabilité de son ministère. Le député de l'opposition n'a pas eu plus de succès quand il lui a demandé quel montant per capita, c'est-à-dire pour chaque enfant, est versé par son ministère aux commissions scolaires en Ontario, là où elles assument leur éducation.

M. Valcourt n'a pu répondre. Selon Charlie Angus, dans la réserve d'Attawapiskat, où l'éducation est assumée par le gouvernement fédéral, Ottawa ne verserait que 50 % des montants qui sont accordés ailleurs, aux commissions scolaires.

Les politiques de ce seul ministère ont un impact sur tous les aspects de la vie des communautés autochtones, sur leurs services sociaux, leur éducation, leurs infrastructures, leur santé, leur économie. Aucun autre ministère ne ratisse aussi large. C'est aussi, probablement, un des postes les plus ingrats du cabinet, parce qu'aucun titulaire ne saurait satisfaire des besoins aussi grands que ceux de ces communautés.

Cette responsabilité doit être assumée par une personne compétente, articulée et efficace. Quelle que soit la bonne volonté de M. Valcourt, il ne possède pas ces qualités et sa faiblesse sautait aux yeux, le 13 mai.

Au mieux, ce ministre est un éteignoir. M. Harper n'a pas eu à gérer de crise depuis qu'il lui a confié ce poste, et c'est sans doute ce qu'il attend de lui en premier lieu. Il doit assumer une partie du blâme pour l'échec retentissant des négociations en vue de procéder à une réforme de l'éducation dans les communautés autochtones.

Bernard Valcourt reproche à ses adversaires de «faire de la politique sur le dos des enfants des Premières Nations» mais, dans les faits, cette description lui va comme un gant.

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