Drapeau de Montréal: un exemple à suivre

Mercredi, Montréal a ajouté à son drapeau un... (La Presse canadienne, Ryan Remiorz)

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Mercredi, Montréal a ajouté à son drapeau un cercle rouge dans lequel est dessiné un pin blanc. Cet arbre symbolisait la paix pour nombre de nations autochtones du nord-est de l'Amérique.

La Presse canadienne, Ryan Remiorz

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(Québec) ÉDITORIAL / C'est une très belle idée qu'a eue la Ville de Montréal à l'occasion de son 375e : ajouter un emblème amérindien à son drapeau. Après près de quatre siècles d'histoire, on serait presque tenté de dire qu'il était à peu près temps. Mais comme le geste prouve aussi qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, on souhaitera plutôt que d'autres lui emboitent le pas.

Depuis 1939, le drapeau de Montréal arborait une croix héraldique rouge, symbole chrétien, qui séparait quatre espaces blancs. Dans ceux-ci se trouvaient une fleur de lys représentant le fait français, une rose de la maison de Lancastre pour l'Angleterre, un trèfle pour la communauté irlandaise et un chardon pour l'Écosse. Rien de cela n'a été enlevé, mais, mercredi, la métropole a ajouté un cercle rouge dans lequel est dessiné un pin blanc. Cet arbre symbolisait la paix pour nombre de nations autochtones du nord-est de l'Amérique; on le voit d'ailleurs encore sur plusieurs logos et drapeaux de la communauté mohawk, qui a trois réserves dans la région montréalaise.

Évidemment, ce pin blanc n'est rien de plus qu'un symbole. Cela n'amènera pas d'emplois dans les réserves isolées, cela ne fera pas disparaître les préjugés, cela ne sauvera pas de jeunes du suicide ni ne les gardera à l'école. Ce sont tous là des problèmes réels sur lesquels il faut agir au plus tôt.

Mais le fait est que les relations entre la majorité québécoise et «ses» nations autochtones ne sont pas toujours au beau fixe et que, quand on veut bâtir des ponts, il faut bien commencer quelque part. À ce compte, la brique que vient d'ajouter Montréal à notre édifice collectif en vaut bien d'autres, ne serait-ce que parce qu'à titre de plus grande ville du Québec, sa décision pourra servir d'exemple. C'est à souhaiter, du moins. 

Car quiconque fait un petit tour des drapeaux et armoiries des villes du Québec constatera rapidement à quel point les autochtones en sont absents. Hormis quelques exceptions - la tête de chef indien sur les armoiries de Donnacona, par exemple, ou les trois poissons sur celles de Trois-Rivières qui sont «le totem des premiers occupants des lieux, des Indiens attikameks», lit-on sur le site de la municipalité -, la règle générale est que nos emblèmes consistent presque entièrement de références au christianisme, aux anciennes seigneuries, à l'agriculture et aux ressources naturelles.

Ce n'est pas un mal en soi, bien entendu : l'héraldique puise toujours dans l'histoire, et toutes ces choses font partie de la nôtre. Mais justement, si ces symboles rappellent le passé, comment se fait-il que les premiers occupants du pays en soient si uniformément absents?

Il y a évidemment des villes et des villages qui ont été érigés dans des endroits historiquement peu fréquentés par les Amérindiens. Il n'est pas nécessaire d'ajouter des symboles autochtones partout. Mais il est assez parlant que les armoiries du Québec trouvent le moyen de montrer les facettes française (trois fleurs de lys) et anglaise de notre histoire (le lion et la couronne britannique), mais ne trouvent pas de place pour un symbole autochtone. Et le pattern se répète dans bien des endroits qui ont pourtant un long passé d'occupation amérindienne, dont la Ville de Québec, d'ailleurs - les deux clefs de ses armoiries symbolisent les périodes française et anglaise de son histoire, mais rien n'y évoque Stadaconé ou les Hurons.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est toujours pas trop tard, même après 409 ans (dont 320 avec les Hurons), pour passer un petit coup de fil à Wendake...




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