Éducation: priorité à tous les niveaux?

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La ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a l'intention de revoir le modèle de financement des cégeps et des universités, basé sur le nombre d'étudiants.

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(Québec) ÉDITORIAL / Les cégeps et les universités ne font pas les manchettes. On est loin du tumulte du printemps 2012. Est-ce que tout va pour le mieux pour autant? Lorsque le président de la Fédération des cégeps soutient que le système est sclérosé et que la ministre Hélène David ne s'attaque pas aux enjeux qui vont faire évoluer les cégeps en profondeur, lorsque des acteurs s'interrogent sur l'actualisation des formations techniques, les Québécois devraient peut-être s'inquiéter de la quiétude qui règne dans les établissements d'enseignement supérieur.

Le Québec doit accroître sa productivité. Les compétences exigées pour faire face à la concurrence sont de plus en constante et rapide évolution. Le réseau collégial et les universités ont-ils les outils et la marge de manoeuvre nécessaires pour relever ce défi, pour mener à bien la quatrième révolution industrielle et numérique?

Le gouvernement de Philippe Couillard dit faire de l'éducation sa priorité. Bon choix. Mais la mission éducative ne s'arrête pas en cinquième secondaire.

Les cégeps fêtent leur cinquantième anniversaire. Comment faire en sorte que leur apport soit aussi positif au cours des prochaines décennies? La même préoccupation vaut pour les universités.

Le nombre de personnes détenant un diplôme d'études supérieures a augmenté au Québec. Comment s'assurer que les cégeps et les universités participent activement à la mise à jour de la formation de ces diplômés et que leur offre de cours soit à la fine pointe des besoins présents et futurs de la société et du marché du travail?

Il y a six ans, le gouvernement libéral soutenait que le sous-financement mettait en péril les universités du Québec. D'où la décision du gouvernement Charest de réinvestir massivement dans le secteur, tout en haussant considérablement les droits de scolarité. On connaît la suite. La grève étudiante de 2012 et la polarisation qu'elle a suscitée dans l'opinion publique. 

Depuis, le ministre de l'Enseignement supérieur semble avoir le mandat de ne pas soulever de vagues. Les droits de scolarité ont été simplement indexés, la croissance des dépenses en éducation a été limitée pour permettre de retrouver l'équilibre budgétaire. Et on ne parle plus du sous-financement des universités. Celles-ci ne sont plus menacées par leurs homologues canadiennes, américaines ou européennes? Elles ne risquent plus de perdre les meilleurs professeurs, chercheurs et étudiants?

En entrevue au Soleil, la ministre Hélène David indique que son gouvernement a réinvesti 1,5 milliard $ sur cinq ans dans les universités, que celles-ci affrontent avec succès la grande compétition mondiale et que le Québec va chercher une bonne part des fonds de recherche au Canada. Tout va bien dans le meilleur des mondes?

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université soulignait au dernier budget que les investissements prévus ne permettaient pas de rattraper les compressions des dernières années. La Fédération des cégeps fait le même constat dans son secteur.

La ministre a l'intention de revoir le modèle de financement des cégeps et des universités, basé sur le nombre d'étudiants. À un an des prochaines élections, il est à craindre que le dossier soit repoussé de nouveau.

Au cours de l'automne, la ministre déposera deux projets de loi. Un pour contrer les violences à caractère sexuel dans les établissements d'enseignement supérieur, et un autre pour baliser la rémunération des recteurs. La ministre assure aussi que le travail sur la plate-forme nationale de cours en ligne eCampus progresse bien. 

Le bilan paraît bien mince en comparaison de l'ampleur des besoins que le gouvernement libéral précédent décrivait.

L'enseignement supérieur ne doit pas être négligé.




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