Alcool au volant: plus que le 0,05

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Des progrès remarquables ont été réalisés ces dernières décennies pour réduire les accidents sur les routes, dont ceux causés par l'alcool. Au début des années 80, l'alcool au volant tuait 800 personnes par année. En 2014, 140, le tiers des décès sur les routes.

Janick Marois

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(Québec) ÉDITORIAL / Ce que le Québec n'a jamais osé ou réussi à faire, soit imposer des sanctions administratives pour les conducteurs qui ont un taux d'alcoolémie supérieur à 0,05, deviendra possible si Ottawa va de l'avant et modifie le Code criminel pour abaisser le taux permis de 80 à 50 mg par 100 ml de sang. Un coup de pouce - ou de force, diront certains - qui ne dispenserait toutefois pas Québec d'ajouter d'autres moyens pour accroître la sécurité routière.

Même si l'expérience de l'Irlande semble inspirer la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, l'abaissement de la limite d'alcool ne constitue pas une solution miracle pour réduire davantage le nombre d'accidents routiers, les décès et les blessures qu'ils entraînent. 

Une combinaison de mesures est nécessaire. D'ailleurs, si l'Irlande a réussi à diminuer de 50 % les accidents mortels sur ses routes et une réduction de près de 65 % du nombre d'accusations, c'est oui grâce à la réduction du taux d'alcoolémie, mais aussi, au dépistage obligatoire.

Dans son premier rapport remis en 2007, la Table québécoise de la sécurité routière écrivait que «les lois et les règlements sont certes des éléments majeurs de solutions, mais plus la probabilité d'être pris en infraction est élevée, plus les conducteurs respectent la règlementation».

Bien des choses ont changé depuis dix ans, mais la même règle demeure.

Ottawa aura beau modifier le Code criminel et Québec aura beau prévoir sur papier des sanctions pour les conducteurs qui dépasseront le 0,05, les automobilistes ne s'empêcheront pas de prendre un verre supplémentaire - un de trop-si eux et leurs proches ne sont jamais interceptés par les policiers. 

Les contradictions ne manquent pas lorsqu'il s'agit d'alcool au volant. Dans le document de consultation préparé en vue d'une révision cet automne du code de la sécurité routière, Québec indiquait l'an dernier qu'un consensus social fort existe au Québec contre l'alcool au volant. Selon un sondage réalisé en 2014, 98 % considèrent qu'il n'y a aucune excuse pour conduire avec les facultés affaiblies. Pourtant, environ le tiers des décès sur les routes et de nombreuses blessures graves sont toujours attribuables à l'alcool.

Dans le cadre de la consultation menée par Québec, 40,8 % des répondants considèrent qu'il est prioritaire d'agir pour contrer l'alcool au volant. Lorsqu'on leur demande si le Québec devrait faire comme les autres provinces et retirer temporairement le permis aux chauffeurs arrêtés pour avoir conduit avec un taux d'alcoolémie variant entre 0,05 et 0,08, 51 % sont défavorables et 49 % approuvent une telle avenue.

Les libéraux ont déjà tenté de légiférer pour sanctionner les conducteurs affichant un taux d'alcoolémie entre 0,05 et 0,08. Les restaurateurs et l'opposition caquiste et péquiste l'ont fait reculer.

La pression sera-t-elle assez forte cette fois pour convaincre Ottawa de ne pas toucher au Code criminel et pour inciter Québec à ne pas imiter les autres provinces canadiennes?

Des progrès remarquables ont été réalisés ces dernières décennies pour réduire les accidents sur les routes, dont ceux causés par l'alcool. Au début des années 80, l'alcool au volant tuait 800 personnes par année. En 2014, 140, le tiers des décès sur les routes. 

On peut difficilement baisser les bras et voir ces décès comme une fatalité. On ne peut non plus renoncer à des gains possibles parce que la légalisation du cannabis en juillet 2018 exigera plus des policiers et des gouvernements.

Pour la personne blessée ou qui perd un être cher dans un accident, que la cause soit la consommation d'alcool, de drogues ou l'usage du cellulaire ne change rien.




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