Plus gênant d'être féministe

Après avoir fui comme la peste l'étiquette féministe... (Archives La Presse)

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Après avoir fui comme la peste l'étiquette féministe l'an dernier, la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, présente une stratégie gouvernementale «féministe» pour l'égalité entre les femmes et les hommes.

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(Québec) ÉDITORIAL /Bonne nouvelle, ce n'est plus honteux et ringard au sein du gouvernement Couillard de se dire féministe. Après avoir fui comme la peste l'étiquette féministe l'an dernier, la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, présente une stratégie gouvernementale «féministe» pour l'égalité entre les femmes et les hommes. La preuve qu'il ne suffit pas d'un simple «Tu veux prendre ta place? Faire ton chemin? Let's go, vas-y!», pour éliminer les barrières que les filles et les femmes rencontrent toujours en 2017.

Souhaitons que cette volonté politique de donner une nouvelle impulsion aux avancées des femmes ne s'essouffle après la tenue des élections ou à la moindre opposition aux efforts supplémentaires exigés.

La conversion de Mme Thériault soulève bien sûr du scepticisme à l'égard de la stratégie «Ensemble pour l'égalité» qui s'étalera jusqu'en 2021. 

La rigueur (ou l'austérité) budgétaire du gouvernement libéral dans la première partie de son mandat a fait particulièrement mal aux femmes, nombreuses dans le secteur public et chez les «aidants naturels». L'opposition, les syndicats et les organismes communautaires prennent d'ailleurs bien soin de le rappeler. Le sujet a aussi inspiré un essai : «Les libéraux n'aiment pas les femmes». 

Ajoutez à cette rigueur une ministre de la Condition féminine et une ancienne titulaire du poste qui refusaient l'an dernier de se dire féministe, deux députés, dont un ministre, exclus du caucus parce que soupçonnés d'avoir eu des gestes déplacés à l'égard de femmes, une nouvelle dévoilant que les femmes qui dirigent les cabinets des ministres sont moins bien rémunérées que les hommes qui occupent les mêmes fonctions, et une contestation à la Cour suprême d'un jugement favorable à des milliers de travailleuses dans le dossier de l'équité salariale, le gouvernement Couillard a une côte à remonter. 

Il décide enfin de poser des gestes pour que l'égalité de droit entre les femmes et les hommes devienne une égalité de fait. Il reconnaît que l'État doit par diverses mesures (campagnes de sensibilisation, cours d'éducation à la sexualité, loi-cadre) accélérer les changements qui tardent à se manifester - même au Québec et malgré l'existence d'une charte des droits et d'une loi sur l'équité salariale - et évaluer leur progression.

Est-ce la nécessité de séduire une partie de l'électorat à l'approche d'un rendez-vous électoral qui le motive ou, comme il est écrit dans la stratégie, «le fait de connaître une réalité est la première étape précédant l'action» ? 

Reprenons quelques chiffres. Il existe toujours un écart entre le revenu d'emploi médian des femmes de 25 à 64 ans (34 932 $) et des hommes du même âge (44 388 $). Les femmes sont toujours trop peu nombreuses en politique, parmi les entrepreneurs et dans les postes de direction. Par contre, ce sont surtout des femmes qui sont victimes de violence. La pauvreté se conjugue aussi au féminin. Un peu gênant pour un Québec qui croit que l'égalité entre les sexes est acquise et qui se permet de faire la leçon aux autres.

Que l'on s'active collectivement- hommes et femmes- pour une socialisation et une éducation égalitaires, sans stéréotypes et sans sexisme, pour accroître l'autonomie économique des femmes, pour partager plus équitablement les tâches familiales et domestiques, pour éliminer la violence faite aux femmes et pour atteindre la parité dans les lieux décisionnels, tout le monde est d'accord en théorie.

Dans la vraie vie, des poches de résistance subsistent dans diverses sphères d'activités. C'est dans l'énergie déployée pour les repousser que l'on verra le sérieux et la détermination des libéraux féministes.




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