Ventre vide, ventre plein

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Le petit-déjeuner fournit ce sentiment de récompense et réduit ensuite les fringales pour les aliments riches en gras, soutient une professeure de l'Université du Missouri.

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(Québec) ÉDITORIAL / Signe de saine gestion et souci d'équité? Le ministère de l'Éducation a indexé l'enveloppe budgétaire consacrée à l'aide alimentaire dans les écoles et distribue les fonds à celles qui sont les plus défavorisées. Le hic, des enfants risquent en septembre de devoir suivre leur cours le ventre vide à la suite du reclassement de leur école. Si le gouvernement a déniché des fonds pour bonifier les salaires de son personnel politique et de hauts fonctionnaires déjà bien pourvus, il pourrait sûrement trouver une façon d'éviter de priver des enfants d'un repas. C'est aussi ça, agir avec équité.

Le critique péquiste en matière d'éducation, Alexandre Cloutier, a fourni cette semaine des exemples qui révèlent les limites de la grille utilisée par Québec. L'école de Murdochville, qui accueille des jeunes de municipalités les plus dévitalisées de la Gaspésie, n'aura plus droit à l'aide alimentaire à la rentrée. La situation se répètera dans des écoles du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Lanaudière.

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, explique que le classement des écoles qui ont droit au programme d'aide alimentaire (elles doivent avoir un indice de défavorisation de 9 ou 10) a été revu. «Ça fait en sorte que des sommes qui se retrouvaient dans certaines écoles sont aujourd'hui dans des écoles vraiment défavorisées», disait-il jeudi. «Les écoles les plus vulnérables vont continuer à en recevoir», affirmait à son tour le premier ministre Couillard vendredi. 

Mais celles qui sont exclues du programme sont-elles pour autant beaucoup plus riches que les années précédentes? Les enfants dont l'école n'est plus «cotée»  9 ou 10, auront-ils dorénavant le soutien nécessaire pour passer la journée sans être tenaillés par la faim? Leurs parents sont-ils mieux nantis et mieux outillés pour leur faire démarrer la journée du bon pied? Peut-être que Ricardo, recruté pour le Lab-école dans lequel Québec investit 1,5 million $, a une idée là-dessus. 

Le ministre Proulx se dit ouvert à réfléchir au programme d'aide alimentaire dans les écoles. Excellente idée. Il faudrait qu'il invite d'autres ministres à sa réflexion. 

Le premier réflexe est évidemment de vouloir ajouter des millions de dollars au programme. Il faut cependant aller plus loin. La solution ne se trouve pas nécessairement entre les quatre murs de l'école.

On se fie beaucoup aux écoles pour réduire les écarts de réussite entre les enfants de milieux pauvres et nantis. L'école doit compenser les lacunes des parents, gommer les effets de la pauvreté. Tout un mandat qui s'ajoute à tout ce qu'on attend déjà d'elle. 

«Pour que les enfants soient heureux, il faut que les parents aient une job, ça aide», a répondu vendredi Philippe Couillard à l'opposition qui s'indignait que son gouvernement ait accordé des augmentations salariales  de 6 à 12 % (comparativement à 1,5 % pour les salariés du secteur public) alors que des jeunes perdront leur coup de pouce alimentaire.

En effet, une job, ça aide. Mais qu'arrive-t-il  aux enfants dont les parents travaillent, mais dont les revenus sont insuffisants pour les sortir de la pauvreté? Les banques alimentaires enregistrent une hausse de ce type de clientèle.  Il y a aussi des parents qui n'ont pas d'emploi parce que le chômage sévit dans leur région, que leurs compétences sont déficientes ou que la maladie frappe.

Répliquer que les salaires du personnel politique et des hauts fonctionnaires étaient plus élevés sous le gouvernement Marois n'est d'aucune aide pour les enfants. Espérons que l'on trouvera des réponses plus satisfaisantes dans le plan de lutte à la pauvreté que Québec déposera cet automne.




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