La faute d'Ottawa

Le désengagement d'Ottawa aura des répercussions et forcera... (Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Le désengagement d'Ottawa aura des répercussions et forcera les provinces à puiser ailleurs et dans d'autres secteurs, le manque de revenus résultant du fait que le taux de croissance des transferts en santé sera de 3 et non plus de 6 %. En 2015, Québec chiffrait cette perte à plus de 7,3 milliards $.

Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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(Québec) ÉDITORIAL / Le coupable est déjà désigné par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Si le Québec et les autres provinces n'ont pas les moyens de développer les services de santé à la hauteur qu'ils le voudraient, ce sera la faute à Ottawa et au gouvernement de Justin Trudeau. En partie.

Gaétan Barrette, peu habitué à jouer le rôle de perdant dans une négociation, prévient déjà les coups et pointe du doigt Ottawa et sa ministre Jane Philipott. La baisse de la part du fédéral dans le financement de la santé aura des conséquences à long terme, soutient-il. 

Fédéralistes et souverainistes peuvent en effet utiliser cet argument. Le désengagement d'Ottawa aura des répercussions et forcera les provinces à puiser ailleurs et dans d'autres secteurs, le manque de revenus résultant du fait que le taux de croissance des transferts en santé sera de 3 et non plus de 6 %. En 2015, Québec chiffrait cette perte à plus de 7,3 milliards $. 

Québec et les autres provinces devront donc contenir la croissance des dépenses en santé même si la population réclame toujours plus et de meilleurs services. Depuis 2010, la croissance des dépenses des provinces en ce domaine a été en moyenne de 2,7 %, selon l'Institut canadien d'information sur la santé. Elle était de 6 % auparavant. 

La dernière entente avec Ottawa ne permettra pas de revenir à une telle croissance. La pression demeurera forte sur les gouvernements provinciaux. Québec cible un taux de croissance de 4 %.

En 2014, le Directeur parlementaire du budget indiquait qu'Ottawa négligeait un aspect fondamental dans son calcul de ses transferts en santé : le vieillissement de la population et la pression qu'il exercera sur les coûts de santé jusqu'en 2050. Or les provinces n'ont pas le choix de répondre aux besoins de leur population.

Le gouvernement Couillard et son ministre Barrette n'ont pas réussi à bâtir un rapport de force solide avec leurs homologues provinciaux pour convaincre Ottawa d'accroître ses transferts. M. Barrette qualifie de demi-victoire l'entente convenue la semaine dernière. Cette fois, il n'a pu imposer ses volontés. Mais Ottawa oui. 

Le gouvernement Trudeau suit à quelques nuances près la voie tracée par le gouvernement Harper et ajoute des fonds dans des domaines spécifiques (santé mentale et soins à domicile). Le tout en respectant le principe d'asymétrie cher au Québec.

L'attitude du fédéral n'explique cependant pas tout. Les choix faits par Québec ces dernières années ont aussi un impact sur sa capacité à développer de nouveaux services et à consolider ceux qui existent déjà. 

Dans certains cas, les difficultés qu'il éprouvera dépendront en partie de lui. Le gouvernement du Québec s'est montré notamment fort généreux dans la rémunération accordée aux médecins, réduisant ainsi les sommes qu'il aurait pu utiliser à d'autres fins.

Le gouvernement Couillard a aussi décidé de devancer d'une année l'abolition complète de la taxe santé, sacrifiant ainsi quelque 750 millions $. Les revenus de cette taxe, que devaient payer encore les mieux nantis, seraient sans doute bien utiles pour dispenser des soins aux aînés et aux clientèles plus vulnérables. 

La lenteur du Québec à investir davantage en prévention et à recourir davantage à l'expertise des infirmières pèse aussi lourd sur la facture de nos soins de santé. L'entente Québec-Ottawa prévoit des fonds pour la formation des infirmières praticiennes spécialisées. Bravo, mais encore faut-il que des postes soient ouverts dans les établissements et les cliniques pour accueillir les futures diplômées.

Le ministre Barrette a aussi procédé à des réformes depuis son arrivée. On ignore encore si elles se traduiront par des économies et rendront le réseau plus efficace.




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