Mieux vaut être un gars

Les femmes qui dirigent les cabinets des ministres... (123RF/Jens Tandler)

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Les femmes qui dirigent les cabinets des ministres de Philippe Couillard sont moins bien rémunérées que les hommes qui occupent les mêmes fonctions. Un écart de plus de 17 000 $ les sépare.

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(Québec) ÉDITORIAL / Si des Québécoises comptent sur le gouvernement Couillard pour donner l'exemple à d'autres employeurs et assurer l'égalité et l'équité salariale entre les hommes et les femmes, elles risquent de déchanter.

Deux nouvelles ces deux dernières semaines rappellent que ce n'est pas parce que 2017 est à nos portes, que le Québec a une Loi sur l'équité salariale depuis 20 ans et que nos politiciens se font les grands défenseurs de l'égalité entre les hommes et les femmes quand il s'agit du port de signes religieux ostentatoires que les femmes d'ici échappent à la discrimination fondée sur le sexe.

La journaliste Jocelyne Richer de La Presse canadienne a procédé à un exercice tristement révélateur. Dans un article publié récemment, elle constate que les femmes qui dirigent les cabinets des ministres de Philippe Couillard sont moins bien rémunérées que les hommes qui occupent les mêmes fonctions. 

Un écart de plus de 17 000 $ les sépare. Le salaire moyen des chefs de cabinet était en 2016 de 141 856 $ pour Monsieur et de 124 653 $ pour Madame. 

En nombre, il y a quasi-parité : 15 hommes, 13 femmes. Les apparences sont sauves. Mais sur le chèque de paye cependant, même si l'expérience et les exigences pour le travail sont les mêmes, les hommes sont mieux payés. À travail égal, le salaire n'est pas égal.

Québec devrait pourtant servir de modèle pour l'ensemble des entreprises. Y compris en matière d'équité salariale.

Le Québec a voté unanimement il y a 20 ans une Loi sur l'équité salariale. Il devrait se soucier d'éviter les retours en arrière et les économies sur le dos des femmes ou des hommes qui occupent des emplois à prédominance féminine.

Or, Québec a décidé au début du mois de contester devant la Cour suprême un jugement en matière d'équité salariale favorable à des milliers de travailleuses.

En octobre, la Cour d'appel avait donné raison aux salariées en concluant que l'absence de rétroactivité dans les évaluations du maintien de l'équité salariale constitue une source de discrimination fondée sur le sexe. Québec avait auparavant perdu sa cause devant la Cour supérieure.

La Cour exprime une inquiétude sur la finalité de la loi modifiée en 2009. «On peut se demander si [la loi] ne risque pas d'ouvrir une brèche dans la fondation de la réforme du maintien de l'équité salariale en amenant les employeurs à opérer des changements de tâches chez les salariés à tel moment plutôt qu'à tel autre.»

L'écart salarial moyen entre les hommes et les femmes a été réduit de 16 % à 10 % entre 1997 et 2015. Sans loi, le fossé n'aurait pas rétréci. Pour certains, il est encore normal que les femmes gagnent moins.

Cet automne, un rapport du Forum économique mondial indiquait qu'il faudrait attendre encore «170 ans» pour atteindre l'équité économique entre les hommes et les femmes dans le monde.

Ce serait une erreur de penser que les reculs ne sont pas possibles au Québec et au Canada. Les progrès si longuement obtenus peuvent être grugés de façon parfois sournoise. Récemment, la Fédération des médecins résidents du Québec dénonçait les questions discriminatoires lors d'entrevues. Trente pour cent des femmes, comparativement à 14 % de leurs confrères, sont interrogées sur leur parentalité et leur désir d'avoir des enfants. 

Dans le domaine des garderies, on voit par ailleurs qu'en favorisant le développement de places dans les garderies privées non subventionnées plutôt que dans des centres de la petite enfance (CPE) où les éducatrices jouissent de meilleures conditions de travail, Québec dévalorise le travail des personnes qui prennent soin des enfants. Les préposées aux bénéficiaires dans les ressources intermédiaires pour personnes âgées n'ont pas plus de reconnaissance.

Au bas de l'échelle ou au sommet, le travail des femmes n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur.

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