Armée: la mission de Trudeau

Environ 960 membres des forces armées ont rapporté... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Environ 960 membres des forces armées ont rapporté avoir été victimes d'une agression sexuelle au cours de la dernière année, soit 1,7 % du personnel des forces.

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(Québec) ÉDITORIAL / «Si la vie vous intéresse», scandait une publicité des Forces armées canadiennes. Le côté plus sombre et moins glorieux de cette vie est que les femmes et les hommes risquent d'y être davantage victimes d'agressions sexuelles que le reste de la population sur le marché du travail. Ce n'est pas que le problème de l'armée que 1000 militaires déclarent à Statistique Canada avoir été victimes d'agressions sexuelles au cours de la dernière année. Le gouvernement Trudeau a également une mission à accomplir pour enrayer cette culture.

En 2015, après des entretiens avec 700 individus à travers le Canada,la juge Marie Deschamps avait constaté que «les membres des Forces armées canadiennes ont la nette impression que le traitement des cas d'agressions sexuelles par les autorités militaires est source d'un plus grand préjudice pour la victime que si le dossier est traité par les autorités civiles.»

Il faudrait rapidement s'attaquer à ce problème (ou à cette perception) si le Canada et les Forces armées veulent se débarrasser de préoccupantes et gênantes données comme celles dévoilées lundi par Statistique Canada. Sinon, on risque de se retrouver avec la même problématique de harcèlement, de discrimination et d'abus sexuels dans 30 ans.

Dans cette page, nous avons déjà invité Ottawa à examiner la Loi sur la défense nationale. Nous répétons le même souhait. En 1998, le Parlement canadien l'a modifiée pour permettre au système de justice militaire de traiter les accusations d'agressions sexuelles.

Lorsque l'on constate la culture qui règne dans les Forces, le fait que les agresseurs sont souvent des supérieurs des supposées victimes, que peu d'incidents sont rapportés et que les témoins d'actes répréhensibles ne dénoncent pas, il y a lieu d'examiner les façons de procéder et de voir si le recours aux policiers et aux tribunaux civils ne serait pas plus efficace pour dissuader et enrayer les agressions dans l'armée.

La juge Deschamps rappelait en 2015 que l'établissement d'un système de justice militaire avait été motivé par l'obligation de faire respecter des normes plus élevées. En matière de harcèlement et d'agressions sexuels, c'est malheureusement le contraire qui semble se produire. Plusieurs semblent croire qu'ils peuvent agir en toute impunité. Dans l'armée canadienne, 1,7 % des membres déclarent avoir subi une agression. Dans la population en générale, 0,9 %.

Certes, on constate une certaine volonté de changement depuis le constat dressé par la juge Deschamps. Lundi, Jonathan Vance, le patron des Forces, s'est dit «extrêmement déçu», des résultats du sondage commandé à Statistique Canada. Après avoir donné l'ordre à tous les membres des Forces armées canadiennes que ce comportement devait cesser, que 960 militaires se disent toujours victimes d'abus ou de comportements discriminatoires prouve que la bataille est loin d'être gagnée et que des moyens supplémentaires doivent être déployés.

Contrairement à son prédécesseur Tom Lawson, le général Vance n'a pas tenté de minimiser le problème ou de l'expliquer par la «programmation et les pulsions biologiques des hommes». La déclaration de M. Lawson, en juin 2015, avait incité Justin Trudeau, alors dans l'opposition, à réclamer la démission du chef d'état-major.

Il est important que les dirigeants signifient que le harcèlement et les abus sexuels ne sont plus tolérés dans aucun milieu de travail. Maintenant au pouvoir, Justin Trudeau et les libéraux doivent s'assurer que les membres des Forces armées canadiennes n'auront pas un traitement moindre et que les supposées victimes auront accès à un véritable système de plaintes et de justice.

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