Parti libéral: avant et après

Le premier ministre, Philippe Couillard, au conseil général du Parti... (La Presse canadienne, Graham Hughes)

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Le premier ministre, Philippe Couillard, au conseil général du Parti libéral du Québec, dimanche

La Presse canadienne, Graham Hughes

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(Québec) ÉDITORIAL / N'en déplaise à Philippe Couillard, les «mauvaises» perceptions de corruption risquent de coller longtemps à la peau du Parti libéral du Québec. D'abord, parce que ce n'est pas parce qu'il en est le chef depuis mars 2013 que le Parti libéral est entièrement renouvelé et transformé. Deuxièmement, parce que M. Couillard lui-même n'a pas toujours eu ces derniers mois les réflexes appropriés lorsque des situations troublantes ont été étalées publiquement.

«Je suis chef du Parti libéral depuis mars 2013. Je suis premier ministre du Québec depuis avril 2014. Je défie qui que ce soit de me citer un exemple, un exemple autant du parti que du gouvernement, qui va ailleurs que dans une direction irréprochable et la plus grande rectitude», a affirmé M. Couillard à l'issue du conseil général de la fin de semaine.

Il serait bien commode pour M. Couillard et son équipe d'effacer les éléments négatifs de la gouverne de Jean Charest. Mais lorsque plusieurs personnes de l'équipe Charest - et M. Couillard est du nombre - se retrouvent toujours au conseil des ministres, dans la députation et dans le parti, difficile de gommer toute forme de scepticisme sur la rectitude et l'irréprochabilité du PLQ. 

Surtout pas après ce que les journalistes de l'émission Enquête ont découvert sur les pratiques de collecteurs de fonds libéraux et une imposante fraude présumée de plusieurs millions de dollars à la Société immobilière du Québec. 

Surtout pas lorsqu'un militant libéral, Martin Drapeau, celui qui avait réclamé en vain une commission d'enquête sur l'octroi des contrats publics dans l'industrie de la construction, soutenait encore en fin de semaine que le «cartel de la corruption» a toujours ses entrées au PLQ.

Surtout pas lorsque le PLQ a dû rembourser au DGE (Directeur général des élections) plus de 500 000 $ de contributions reçues illégalement. 

On comprend le chef Couillard de vouloir se distancer d'évènements et de pratiques qui avaient cours avant son arrivée, de mettre ses adversaires au défi de trouver un geste répréhensible depuis qu'il dirige le parti. «On ne peut rien faire par rapport aux perceptions», dit-il.

Erreur. Par son attitude et ses réactions, certains ajouteront aussi qu'avec ses fréquentations parfois douteuses, le premier ministre alimente les perceptions négatives. 

C'est M. Couillard qui était aux commandes lorsqu'une crise a éclaté ce printemps au ministère des Transports. Or, le premier ministre a dit avoir appris par L'Actualité que l'ancien ministre des Transports, Robert Poëti, avait fait état de situations préoccupantes et d'irrégularités à son successeur, Jacques Daoust. Comment les Québécois peuvent-ils avoir l'assurance que ce ministère, le plus gros donneur d'ouvrage, répond maintenant aux plus hautes exigences dans l'octroi des contrats publics, si le premier ministre ignorait ce qui s'y passait? 

Heureusement, le bureau de la Vérificatrice générale procède à des audits particuliers sur la gestion contractuelle au ministère des Transports. Un premier rapport est attendu cet hiver et un autre au printemps. 

Les réflexes de M. Couillard et de ses ministres se sont améliorés ces dernières semaines lorsqu'il a été question d'allégation d'agression sexuelle contre Gerry Sklavounos ou de la surveillance de journalistes par des corps de police. Il faudrait que les libéraux soient aussi prompts à réagir lorsque des ministres sont mêlés à des histoires de subventions gouvernementales. 

Malheureusement, le premier réflexe de M. Couillard a été de nier ou de minimiser les faits reprochés lorsque Sam Hamad et Laurent Lessard se sont retrouvés sur la sellette avec des subventions accordées à Premier Tech et à Yvon Nadeau. D'où l'impression que rien n'a vraiment changé au Parti libéral du Québec.

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