Des «noeuds» dans l'économie

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On s'étonne qu'un gouvernement qui comptait sur la création de 250 000 emplois n'ait pas déjà une bonne idée pour aider les entreprises. Comme on s'étonne que l'industrie forestière se trouve encore devant la même impasse avec les États-Unis.

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ÉDITORIAL / Une «cinquième guerre» opposant le Canada et les États-Unis sur le bois d'oeuvre s'annonce. Et une fois de plus, elle risque de faire mal au Québec. À ses régions, mais aussi à toute l'économie, soutient l'industrie forestière. Le gouvernement Couillard en subira également les contrecoups s'il échoue à mobiliser le milieu économique autour de la prospérité comme il le souhaite.

Coïncidence, le jour où le Canada et les États-Unis échouent à conclure un accord sur le bois d'oeuvre à l'échéance prévue et que la menace d'autres pertes d'emploi massives plane au Québec, Philippe Couillard annonce qu'il regroupe 26 personnes du milieu des affaires, de la finance, des universités et des sociétés d'État autour de Monique Leroux, dans un conseil consultatif sur l'économie et l'innovation. 

 «L'accroissement de l'innovation, de la recherche et de la compétitivité des entreprises est le premier mandat pour lequel le conseil sera appelé à formuler des recommandations. [...] L'objectif est de soutenir les entrepreneurs et les travailleurs québécois afin que notre économie soit moderne et compétitive, et qu'elle continue de se démarquer», lit-on dans le communiqué.

Si le Canada et les États-Unis ne trouvent pas de terrain d'entente au cours des prochains mois, que les entreprises forestières québécoises doivent effectuer des mises à pied et que l'opposition étale jour après jour les conséquences de celles-ci dans les régions du Québec, le gouvernement Couillard pourra dire qu'il fait tout pour limiter les dégâts et mener le Québec vers une plus grande prospérité. Et cela, dans tous les secteurs économiques, y compris l'industrie forestière. Il tente de prévenir les coups. 

M. Couillard a beau répéter que les entreprises d'ici ont créé le plus d'emplois au Canada depuis 2014, que le taux de chômage est en deçà de 7 %, le compte n'y est pas. L'objectif de créer 250 000 emplois d'ici 2018 se révèle inatteignable. La crise appréhendée dans le secteur forestier vient compliquer les choses. 

Le gouvernement libéral peut se targuer d'avoir équilibré les finances publiques - à quel prix et au détriment des plus vulnérables -, mais jusqu'à maintenant, il est loin d'avoir fait la démonstration qu'il était le champion de l'économie. Des économistes lui reprochent d'ailleurs d'avoir fragilisé l'économie et d'avoir ralenti sa croissance en y retirant 4,7 milliards $. 

Qui plus est, du trio économique présenté en 2014, il ne reste que le ministre des Finances, Carlos Leitão. Martin Coiteux est rendu à la Sécurité publique et aux Affaires municipales et le dossier RONA a forcé Jacques Daoust à quitter la politique

Le gouvernement a donc une pente à remonter. D'où les 27 personnes appelées en renfort - on a malheureusement oublié des représentants de la capitale, qui a pourtant su innover et diversifier son économie - pour le conseiller et le guider. Elles se pencheront sur l'innovation, la recherche et l'amélioration de la compétitivité des entreprises.

On s'étonne qu'un gouvernement qui comptait sur la création de 250 000 emplois n'ait pas déjà une bonne idée des moyens à déployer pour aider les entreprises à concrétiser cet objectif. Comme on s'étonne que l'industrie forestière se trouve encore - après 35 ans - devant la même impasse avec les États-Unis et ses pratiques protectionnistes.

Innover, diversifier les produits, accroître la valeur ajoutée, créer des matériaux de construction, réduire la dépendance au marché américain, miser sur l'économie verte, pousser la formation des travailleurs sont des moyens de freiner le déclin d'une industrie forestière essentielle à plusieurs régions du Québec. C'est certes d'abord l'affaire des entreprises. Mais c'est aussi celle des gouvernements. Toujours compter sur la faiblesse du dollar canadien a ses limites.

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