Botox et tatouage dans la mire

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Dans le passé, le Collège des médecins s'est fait reprocher d'avoir tardé à baliser les chirurgies esthétiques.

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(Québec) ÉDITORIAL / Une injection de Botox pour rajeunir. Un tatouage pour graver le nom de son amour. Un «détatouage» pour l'effacer après la rupture. L'utilisation du laser pour faire disparaître une tache pigmentaire. Rien d'inoffensif dans tout ça? Pas selon le Collège des médecins, qui suggère de resserrer l'industrie de la médecine et des soins esthétiques. En cette matière aussi, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas se fier aveuglément à tous les marchands de beauté et de jeunesse.

Dans le passé, le Collège des médecins s'est fait reprocher d'avoir tardé à baliser les chirurgies esthétiques. Le décès en 2004 de la femme d'affaires Micheline Charest dans une clinique privée de Mont­réal a forcé le Collège et le gouvernement québécois à agir. Il a fallu néanmoins six ans pour aboutir à un encadrement plus serré.

Cette fois-ci, il n'est pas question de vie ou de mort dans les cliniques esthétiques. Il n'est cependant pas superflu d'examiner les pratiques et de savoir qui fait quoi et dans quelles conditions. Si le Québec suit l'influence des États-Unis, mieux vaut s'assurer que chaque acteur est bien formé et s'en tient à son champ de compétences.

Entre 2000 et 2014, le nombre d'injections de toxine botulinique a enregistré une hausse de 748 % chez notre voisin américain, passant de 786 911 à 6 673 608 injections. Augmentation fulgurante aussi - 253 % - pour les injections d'agents de comblement, rapporte le groupe de travail sur la médecine esthétique formé par le Collège des médecins, dont le rapport a été rendu public cette semaine.

L'offre de services s'élargit, les techniques utilisées en médecine esthétique sont de moins en moins invasives, l'intérêt du public pour des soins de médecine esthétique est de plus en plus grand et l'accès à ces soins semble se démocratiser, constate le groupe de travail.

Comment monsieur et madame Tout-le-monde peuvent-ils se retrouver dans cette offre et les publicités alléchantes qui promettent coup de jeunesse et apparence améliorée? Que peuvent faire l'esthéticienne, le médecin, l'infirmière et les autres professionnels de la santé?

Le Collège des médecins dit vouloir éviter des dérives. Des dérives qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses parce que les normes d'asepsie, d'hygiène et de stérilisation ne sont pas respectées, parce que le suivi médical est absent ou insuffisant, parce que les effets secondaires de certains produits injectés sont ignorés, parce que des interventions au laser sont effectuées sur des taches pigmentaires qui se révèlent des cancers ou parce que des professionnels de la santé s'improvisent en médecine esthétique ou se contentent de la formation offerte par les marchands de produits ou d'équipements.

L'ordre professionnel constate de plus que les ordonnances collectives ont été détournées de leur objectif. Des médecins signent des ordonnances pour des dérivés du Botox et divers produits de remplissage sans connaissance requise en médecine esthétique et sans lien avec le patient. Certains monnaient leur signature, dérogeant ainsi à leur code de déontologie. Les rassurants termes médical ou médico, sont aussi galvaudés aux fins de marketing.

L'attrait de la beauté et de la jeunesse rend des clients inconscients des dangers. L'attrait financier rend des professionnels et des cliniques de soins peu soucieux des dangers et des conséquences néfastes pour leurs clients.

On peut prévoir que les recommandations du Collège ne plairont pas à tous, qu'il sera accusé de vouloir tout accaparer pour ses membres. Chaque groupe tentera de préserver ses parts du lucratif marché de l'esthétique. Le travail du Collège a le grand mérite d'indiquer au public les lacunes existantes et de soulever un débat sur les façons de les combler.

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