Cerveaux sains et productivité

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Des individus souffrent, l'économie aussi, car la maladie mentale entraîne une baisse de productivité. Près du quart des Canadiens atteints ne peuvent travailler.

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(Québec) ÉDITORIAL/ Le Conference Board estime que 352000 personnes pourraient intégrer le marché du travail chaque année et exercer parfaitement leur tâche si tous les Canadiens recevaient les soins en santé mentale dont ils ont besoin. Un argument supplémentaire pour inciter gouvernement et employeur à faire plus et mieux en la matière.

L'Alliance canadienne pour des soins de santé durables du Conference Board du Canada revient à la charge dans une note, «Des cerveaux sains au travail». Elle évalue que la dépression et l'anxiété coûtent respectivement 32,3 et 17,3 milliards $ par an. Des individus souffrent, l'économie aussi, car la maladie mentale entraîne une baisse de productivité. Près du quart des Canadiens atteints ne peuvent travailler.

Une fatalité? Un problème impossible à résoudre? Le Conference Board soutient au contraire que les particuliers, les entreprises, la société et l'économie pourraient tirer d'importants bénéfices d'une amélioration du traitement de la maladie mentale.

L'organisme ne se contente pas d'interpeller les ministères de la Santé et des Services sociaux. Il se tourne vers les employeurs en les incitant à améliorer les avantages sociaux offerts à leur personnel, à mettre en place des programmes de soutien éprouvés ainsi que des programmes de retour au travail adaptés. Et, bien sûr, à faire de la prévention.

Ces mesures représentent évidemment des coûts qui peuvent rebuter les employeurs. L'absentéisme, une productivité réduite, le roulement de personnel, la perte d'expertise, le manque de main-d'oeuvre pèsent par ailleurs lourdement sur une entreprise. Il faut compléter l'équation. L'inaction aussi coûte cher.

Nous sommes devant un problème important de santé publique. Mettons des chiffres sur une réalité. Une personne sur cinq souffrira de problèmes de santé mentale au cours de sa vie. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la moitié des troubles mentaux se manifeste avant l'âge de 14 ans. Dans moins de 15 ans, la dépression sera la principale cause de morbidité dans le monde. Déjà, on estime qu'entre 30 et 40 % des réclamations d'assurance salaire et d'invalidité sont attribuables à des troubles mentaux courants comme la dépression.

Au Québec, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) rappelait dans un avis publié en juin 2015 que 20 % de la population canadienne est aux prises chaque année avec des problèmes de santé mentale nécessitant des soins, mais que seulement un tiers de ces personnes reçoivent un traitement au cours de l'année.

S'il s'agissait de cas de cancer, de troubles cardiaques ou de toute autre maladie physique, cette lacune serait fortement dénoncée, et les décideurs s'activeraient. Pour la santé mentale, on est moins pressé. On avance à petits pas et investit à petites doses, même si des études indiquent que la facture des frais médicaux pourrait être réduite de 20 à 30 % si des meilleurs soins en santé mentale étaient dispensés et que la psychothérapie devenait plus accessible. En 2012, le Commissaire à la santé et au bien-être parlait d'urgence d'agir et suggérait de s'inspirer de l'expérience de l'Australie et du Royaume-Uni qui ont élaboré des programmes d'accès gratuit et financé par l'État, y compris pour la psychothérapie.

L'INESSS a procédé à l'analyse et arrive à la conclusion qu'il serait avantageux pour le Québec d'étendre l'accès aux services de psychothérapie dans son régime public. L'organisme vient de débuter l'analyse économique d'un tel ajout et remettra ses résultats à l'été 2017.

Souhaitons que toutes les formations politiques porteront une grande attention à ce dossier. La santé apparaît toujours dans les priorités des politiciens, mais la santé mentale est trop souvent négligée.

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