Moderniser en Cégep inc.?

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La ministre Hélène David devra manoeuvrer habilement pour apporter des changements dans le réseau collégial sans être accusée de dénaturer les cégeps et de diluer la formation donnée.

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(Québec) ÉDITORIAL / Philippe Couillard souhaite plus de flexibilité dans l'offre de formation des cégeps. Sa ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, dit vouloir moderniser le réseau collégial, cette «créature» québécoise qui aura 50 ans l'an prochain. Le discours est positif. Reste à voir si les moyens seront au rendez-vous sur le terrain et si la tentation de niveler vers le bas sera évitée.

Le Québec veut relever ses taux de diplomation. Une meilleure adéquation formation-emploi est aussi recherchée, mais il faut s'assurer d'une formation générale et commune solide et veiller à ce que la formation professionnelle donnée soit transférable et non modelée aux besoins d'une seule entreprise. Pour innover et se développer, le Québec a également besoin de bâtir une culture de formation continue. Un exercice qui sollicite à la fois le milieu de l'éducation et les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité.

Le président de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, a bien résumé cette semaine en entrevue le défi que doivent relever les collèges et tous les établissements d'enseignement. «C'est toujours la difficulté. C'est de trouver de la flexibilité sans qu'on nous accuse de diminuer les standards.»

Pour hausser rapidement le nombre de diplômés, pour accommoder les entreprises en manque de main-d'oeuvre, le danger de niveler vers le bas est toujours présent. La ministre David devra manoeuvrer habilement pour apporter des changements dans le réseau collégial sans être accusée de dénaturer les cégeps et de diluer la formation donnée.

Certains accusent déjà le gouvernement libéral de vouloir réduire l'éducation au seul objectif d'employabilité, de créer des «Cégeps inc.», de vouloir retourner au temps des écoles de métiers. La révision du Règlement sur le régime des études collégiales inquiète.

Quatrième ministre à prendre les rênes de l'Enseignement supérieur depuis 2014, Hélène David avance donc prudemment. Trop, diront certains. Si le rapport Demers sur l'offre de formation collégiale (rapport repère, selon le premier ministre Couillard) préconisait de revoir la formation générale avec ses cours d'éducation physique, de philosophie, de français et d'anglais, langue seconde, ainsi que l'épreuve uniforme de français, la ministre a déjà annoncé qu'elle maintenait les deux. La Fédération des cégeps avait réclamé par le passé qu'on repense le contenu de la formation générale.

Mme David est prête cependant à regarder les conditions d'obtention d'un diplôme collégial. Est-ce que ce sera une façon de contourner la réussite des cours obligatoires de français et de philo? Elle veut aussi plus de stages en milieu de travail.

Comment adapter les cégeps aux besoins d'aujourd'hui et des prochaines années si les investissements en éducation demeurent minimes? Le réinvestissement annoncé ce printemps par Québec est loin d'effacer les effets des compressions de 155 millions $ des cinq dernières années. Des tiraillements se dessinent aussi sur l'utilisation des 80 millions $ provenant d'Ottawa.

Or, pour soutenir les étudiants afin qu'ils réussissent leurs cours et persévèrent, pour les aider dans leur orientation, pour fournir une aide aux élèves en difficulté de plus en plus nombreux dans les cégeps, pour organiser et superviser des stages en entreprise, pour recruter deux fois plus d'étudiants étrangers qui viendront assurer une clientèle à des cégeps en baisse d'effectif scolaire et par la suite une main-d'oeuvre dans nos entreprises, pour avoir des installations à la fine pointe, il faut des ressources.

Au dépôt du rapport Demers, à l'automne 2014, le ministre Yves Bolduc affirmait que la réforme du collégial devait se faire à coût nul. Est-ce toujours le cas? Faire de l'éducation une priorité exige plus que des mots.

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