Les deux mains sur le volant

Puisque se priver momentanément d'un cellulaire semble inimaginable... (Archives La Tribune)

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Puisque se priver momentanément d'un cellulaire semble inimaginable pour certains, Québec n'a pas le choix de resserrer une fois de plus le Code de la sécurité routière.

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(Québec) ÉDITORIAL / Risquer de payer une amende de 100 $ et d'ajouter quatre points d'inaptitude à son dossier n'a manifestement pas l'effet dissuasif espéré pour empêcher les automobilistes québécois de texter ou de manier leur cellulaire au volant. Avant de criminaliser et de judiciariser l'utilisation d'un appareil, voyons d'abord à augmenter considérablement les pénalités imposées aux fautifs.

Le statu quo est impossible. Le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, semble en être déjà convaincu. Un bon départ pour les coroners et les citoyens qui réclament des actions plus musclées pour inciter les conducteurs à ne pas manipuler leur téléphone en conduisant, voire à l'interdire carrément dans les véhicules. Comment procéder?  

Le problème n'est pas de convaincre les gens que de texter ou de manier leur appareil en même temps qu'ils conduisent est dangereux. La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) indique que 99 % des Québécois reconnaissent les dangers de texter au volant, mais, malheureusement, une grande proportion de conducteurs ne peut s'empêcher de le faire. 

La SAAQ rappelle aussi une étude menée par le CAA en 2013 concluant que la principale préoccupation des Canadiens concernant la sécurité routière était l'envoi de textos au volant. 

Malgré tout, le nombre d'infractions ne cesse de croître. Résultat d'une surveillance policière accrue ou signe que les messages de mise en garde ne passent pas chez les automobilistes? Le risque de s'attirer une contravention, pire, le risque de se blesser ou de blesser d'autres personnes, voire de les tuer, ne freine pas l'envie de lire le texto qui entre, de répondre à un autre ou de naviguer sur les médias sociaux. Des distractions qui peuvent être lourdes de conséquences et qui pourraient facilement être éliminées en fermant son appareil pour quelques minutes ou quelques heures.

Mais comme se priver momentanément d'un cellulaire semble inimaginable pour certains, Québec n'a pas le choix de resserrer une fois de plus le Code de la sécurité routière. Pour certains individus, les meilleures campagnes de sensibilisation sont inefficaces. Ils se croient immuniser contre les erreurs fatales. Ils estiment qu'ils peuvent très bien conduire prudemment et faire autre chose en même temps. 

Or, si on augmente les pénalités de plusieurs centaines de dollars et les points d'inaptitude, certains automobilistes réviseront leur façon d'agir, d'autant plus si les possibilités de se faire arrêter par les policiers pour une infraction sont bien réelles. 

Québec peut s'inspirer d'autres provinces pour déterminer les futures règles. En Ontario, par exemple, l'amende pour distraction au volant frôle les 500 $. En Saskatchewan, les automobilistes arrêtés une deuxième fois pour ce type de délit voient leur véhicule saisi pour une période pouvant aller jusqu'à sept jours. Au Québec, le coroner Michel Ferland recommande pour sa part la saisie du téléphone pour 30 jours. Le sens des responsabilités et de bons comportements peuvent se développer de diverses façons.

Si le ministre Laurent Lessard est prêt à durcir les sanctions - il parle d'une gradation -, il souhaite par ailleurs qu'Ottawa examine la possibilité de criminaliser l'utilisation du cellulaire au volant.

La division des compétences provinciales-fédérales permet ici au ministre de refiler la partie la plus délicate du dossier à son homologue Marc Garneau. M. Lessard rappelle cependant qu'il existe déjà des dispositions dans le Code criminel pour accuser un automobiliste de conduite dangereuse. Si le cellulaire n'est pas assez souvent montré du doigt en cour, c'est peut-être que la preuve n'est pas aussi simple à faire que certains le croient.

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