RONA: un choix politique à assumer

En 2012, les libéraux de Jean Charest et... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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En 2012, les libéraux de Jean Charest et Investissement Québec étaient intervenus pour bloquer une prise de contrôle hostile de RONA par Lowe's.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) ÉDITORIAL / Inutile de revenir sur la vente des actions de RONA que détenait Investissement Québec? Philippe Couillard a beau le penser, ce n'est pas parce que Lowe's est devenu propriétaire du quincailler québécois et que les magasins continuent de vendre des vis et des marteaux que le dossier est clos. Qui décide au gouvernement libéral lorsqu'il y a des orientations et des décisions délicates à prendre sur le plan économique? La question dépasse le cas de RONA.

Que l'on soit en faveur ou non d'une intervention étatique pour préserver les grandes entreprises québécoises et leurs sièges sociaux, la façon dont on a décidé du sort des actions de RONA soulève plusieurs interrogations sur la vision de l'économie du gouvernement Couillard, sur la transparence de son processus de décision et sur l'implication du premier ministre dans celui-ci.

Qu'importe ce qui sera dit ou tu durant la commission parlementaire qui débute jeudi, le premier ministre risque de traîner comme un boulet le dossier RONA. Que des entreprises québécoises comme Couche-Tard procèdent à des acquisitions étrangères n'y change rien. Les bons coups des uns ne font pas oublier les mauvais coups des autres. Les Québécois méritent que les choses soient claires et que le Québec s'outille pour que les entreprises d'ici demeurent fortes.

Comment les libéraux ont-ils pu croire que la vente des actions de RONA ne finirait pas par créer un tollé? Le conseil d'administration d'Investissement Québec en était pour sa part conscient puisqu'il avait cru bon demander un acquiescement politique avant de se délester de son bloc, et ce, même si ce n'était pas requis.

Les membres ne «considéraient pas avoir toute la latitude pour autoriser la vente sans avoir consulté le gouvernement», note la vérificatrice générale dans un rapport déposé en juin. L'accord du ministre aurait été obtenu en décembre 2014, conclut-elle à la lecture des procès-verbaux.

Le gouvernement ne pouvait ignorer qu'en 2012, les libéraux de Jean Charest et Investissement Québec étaient intervenus pour bloquer une prise de contrôle hostile de Lowe's. Il ne pouvait ignorer non plus que la vente d'une entreprise considérée comme un fleuron du Québec soulève chaque fois les passions de l'opposition et d'une partie de la population. Il est donc difficile, voire impossible de croire qu'un chef de cabinet, et même un ministre, ait pu prendre seul la décision de transmettre par courriel un «OK» à Investissement Québec.

L'ancien ministre Jacques Daoust soutient qu'il n'a pas donné cette autorisation. L'entourage du premier ministre n'aurait pas non plus accordé son aval à la vente des actions. Mais qui donc? On se fout des parlementaires et de la population, ou on fait preuve d'une désinvolture et d'un laisser-aller. Les deux sont inquiétants.

La situation est d'autant plus inquiétante pour la population - et embarrassante pour les libéraux - qu'elle a un caractère de déjà-vu. Sur certains points, l'histoire de cette vente d'actions ressemble à celle vécue au ministère des Transports.

Là aussi, la circulation des informations entre le cabinet du ministère et celui du premier ministre manquait de fluidité pour un dossier pourtant fort sérieux, l'octroi de contrats.

M. Couillard disait avoir appris dans les médias l'existence de la lettre de l'ancien ministre des Transports, Robert Poëti, à son successeur Jacques Daoust, faisant état d'irrégularités au Ministère.

Outre M. Daoust, le chef de cabinet Pierre Ouellet est un acteur clef dans les deux dossiers. Celui-ci veut donner sa version des faits en commission parlementaire. L'opposition le réclamait et des députés libéraux aussi. Si le gouvernement a voulu faire l'économie d'un débat sur RONA et profiter de la vente de ses actions, il en paie maintenant le prix.

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