Plus d'infirmières, meilleur accès

Il faut espérer que cette entente entre la... (Photothèque Le Soleil, Yan doublet)

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Il faut espérer que cette entente entre la coopérative SABSA et le Centre intégré universitaire et de services sociaux de la Capitale-Nationale soit un signal clair que le Québec est enfin prêt à faire comme d'autres provinces et pays, et à exploiter (dans le bon sens du mot) le plein potentiel de la main-d'oeuvre infirmière (technicienne, bachelière ou praticienne spécialisée).

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ÉDITORIAL / Enfin, la clinique sans médecin SABSA pourra continuer d'exister et de desservir sa clientèle de la Basse-Ville de Québec. Après des mois d'objections de la part du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, un accord de partenariat vient d'être conclu. On attend la suite. Des infirmiers et des infirmières qui jouent pleinement leur rôle, comme Isabelle Têtu, il en faut davantage dans le réseau de la santé, et pas seulement dans des cliniques privées.

Il faut espérer que cette entente entre la coopérative SABSA et le Centre intégré universitaire et de services sociaux de la Capitale-Nationale soit un signal clair que le Québec est enfin prêt à faire comme d'autres provinces et pays, et à exploiter (dans le bon sens du mot) le plein potentiel de la main-d'oeuvre infirmière (technicienne, bachelière ou praticienne spécialisée).

Il serait décevant que l'entente ne vise qu'à taire la grogne soulevée par l'entêtement du ministre Barrette à ne pas reconnaître le travail et l'approche d'Isabelle Têtu et de sa petite équipe pour répondre aux besoins particuliers des gens des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur que ni les CLSC ni les cliniques médicales ne réussissaient à combler adéquatement. Des centaines de citoyens l'ont compris avant le ministre en finançant la coopérative pour assurer sa survie et des soins à 1600 personnes.

M. Barrette craignait les précédents, voulait éviter les réseaux parallèles et accusait les infirmières, soutenues par leur organisation syndicale, de vouloir imposer leur modèle. Mais si un modèle donne de bons résultats et permet de donner des services à des patients que l'itinérance, la toxicomanie, la prostitution ou l'alcoolisme rendent encore plus vulnérables, pourquoi faudrait-il s'en passer, d'autant plus si les soins sont donnés à moindres coûts puisque les cas nécessitant l'intervention d'un médecin sont rares, environ 5 %?

La même logique s'applique ailleurs. «Pourquoi s'arrêter en si bon chemin», notait mercredi l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. En effet. La démonstration n'est plus à faire qu'un recours accru aux compétences des infirmières améliore l'accès aux soins. Dans son dernier rapport, le Commissaire à la santé et au bien-être relevait que les urgences les plus performantes pouvaient compter sur une collaboration exemplaire entre les médecins et les infirmières.

Le commissaire recommande d'ailleurs au ministre d'accroître les responsabilités de celles-ci à l'urgence en rehaussant leur rôle dans le traitement des patients ayant des problèmes mineurs. Ce type de cas constitue 60 % des consultations à l'urgence.

Présence accrue d'infirmières praticiennes spécialisées, ajout d'actes dans les ordonnances collectives, adaptation du mode de rémunération des médecins pour favoriser le partage des responsabilités entre médecins et infirmières figuraient également dans les recommandations du commissaire. On pourrait formuler les mêmes pour la première ligne (cliniques médicales, GMF et supercliniques).

Si on souhaite plus de super-infirmières, il faut bien sûr les former. Les personnes intéressées doivent également avoir l'assurance qu'elles auront des emplois à la fin de leur parcours. Le privé ne doit pas devenir l'unique débouché.

Les libéraux ont promis de former 2000 infirmières praticiennes spécialisées d'ici 2024. Le Québec en compte moins de 400. Pour rattraper le retard, il faut du financement dans les universités et des stages dans les établissements de santé.

Pour cela, une volonté politique véritable, soutenue, et des fonds sont nécessaires. Accepter enfin que SABSA puisse exister est certes un pas dans la bonne direction. Mais il en faut d'autres pour accroître l'accès aux soins de santé. Le passage dans le bureau du médecin n'est pas l'unique solution.

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