La partisanerie loin des malades

Véronique Hivon, ex-vice-présidente de la commission spéciale sur... (Olivier Croteau)

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Véronique Hivon, ex-vice-présidente de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité et candidate à la direction du Parti québécois.

Olivier Croteau

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(Québec) Tenons la partisanerie loin de la chambre des personnes en fin de vie qui réclament l'aide médicale à mourir. Le Québec a réussi jusqu'à maintenant à mener ce délicat débat hors des intérêts des partis politiques. Continuons ainsi pour le bien des malades et des professionnels de la santé.

Lundi, la députée Véronique Hivon, ex-vice-présidente de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, mais aussi candidate à la direction du Parti québécois, a accusé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de modifier illégalement la loi québécoise sur les soins de fin de vie.

Selon le PQ, le gouvernement Couillard agit en catimini et abdique ses compétences en imposant une attente de dix jours et des obligations supplémentaires aux personnes formulant une demande d'aide à mourir. Il se moule sans obligation à la loi fédérale adoptée en juin. Selon Mme Hivon, les modalités touchant l'aide médicale à mourir relèvent de la compétence exclusive des provinces.

En envoyant une directive interne aux établissements de santé, le ministère s'exposait évidemment à une telle critique. Le ministre Barrette soutient qu'il ne pouvait faire autrement pour s'arrimer à la loi canadienne. «Le 10 jours, c'est une mesure qui pour moi n'a pas de sens. C'est une mesure défensive pour un gouvernement qui voulait ménager la chèvre et le chou électoral, parce que le Canada n'est pas uniforme d'un océan à l'autre sur ce sujet», a-t-il expliqué à La Presse Canadienne.

M. Barrette soutient qu'il n'a pas modifié la loi québécoise, et que la lettre transmise sert à aviser les professionnels et les administrations que le régime a changé avec C-14. Le ministre affirme que Mme Hivon, avocate de formation, l'incite à la désobéissance civile, qu'elle lui demande de ne pas respecter le Code criminel. Bref, on vient de tomber dans la partisanerie alors que l'enjeu réclame qu'on s'élève au-dessus d'elle et qu'on centre nos actions sur les malades, ceux qui désirent une aide médicale pour mettre fin rapidement à leurs souffrances.

Mme Hivon et M. Barrette déplorent tous deux l'attente de dix jours entre la demande d'aide médicale à mourir et son exécution. Le député caquiste François Paradis aussi. Il estime que les nouvelles directives de Québec risquent de mettre les patients dans des situations difficiles et délicates et de prolonger une souffrance. Une crainte exprimée également par des groupes de défense des malades. Comme elles l'avaient fait lors de la commission portant sur la mort dans la dignité, les formations politiques auraient dû travailler ensemble pour déterminer de quelle façon le Québec devait se positionner depuis la décision de la Cour suprême et l'adoption de la loi C-14 par Ottawa.

En agissant et en n'avisant pas les autres parlementaires, M. Barrette met fin à une collaboration qui avait jusqu'à maintenant bien servi les Québécois dans ce dossier. La politique a repris le dessus et c'est dommage, car la loi, en vigueur depuis décembre, modifie l'approche et interpelle les malades, leurs proches, les médecins et tout le personnel soignant. L'actualité des dernières semaines a de plus révélé que les changements sont plus difficiles à intégrer à certains endroits qu'à d'autres. M. Barrette a dû rappeler des établissements à l'ordre.

La façon de faire du ministre a une autre conséquence fâcheuse : elle mine la confiance. Si la Loi concernant les soins de fin de vie peut être modifiée sans suivre le processus législatif, ceux qui appréhendent les dérapages, ceux qui craignent pour leur sécurité pensant que leur mort peut être précipitée même s'ils n'en font pas personnellement la demande, ceux qui appréhendent qu'on élargisse la portée de la loi sans consultation publique, diront que leur méfiance est justifiée.

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