Pour quoi et pour qui le surplus?

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Le gouvernement Couillard se retrouve devant un beau dilemme avec son surplus de 1,8 milliard $.

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(Québec) ÉDITORIAL / Des baisses d'impôts, des investissements en santé et en éducation, un peu des deux? Le gouvernement Couillard se retrouve devant un beau dilemme avec son surplus de 1,8 milliard $. La question qui le préoccupe le plus cependant est sans doute celle-ci : qu'est-ce qui sera le plus rentable politiquement aux élections de 2018?

Lors de la campagne électorale de 2014, le chef libéral Philippe Couillard avait indiqué qu'il consacrerait la moitié d'éventuels surplus budgétaires au paiement de la dette et l'autre à des baisses d'impôts. Mardi, le premier ministre formulait les choses autrement.

«C'est important de le dire pour les Québécois pourquoi on a fait ensemble cet effort, pourquoi on devait le faire : parce qu'on était enserré par la dette malheureusement, et les déficits des dernières années. Et on a réussi à se libérer de ces chaînes-là. On doit rester rigoureux, mais au moins, maintenant, on a les moyens de faire des choix, ce qu'on va faire pour nos deux grandes priorités, la santé et l'éducation.» Pas un mot sur les baisses d'impôts. 

Et pour cause. Il aurait été indécent de faire miroiter des baisses d'impôts après avoir répété pendant des mois que le Québec vivait au-dessus de ses moyens et qu'il devait faire des sacrifices. A-t-on maintenant les moyens de se priver de revenus? Un surplus de 1,8 milliard $ sur un budget de 74 milliards $, ce n'est pas gagner le gros lot à la loterie. Ça ne change pas le monde. Seulement en éducation, le Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal estimait en janvier que Québec devrait injecter 1,5 milliard $ pour rejoindre la moyenne canadienne et faire de l'éducation une véritable priorité. 

Même le ministre des Finances appelle à la prudence sur le montant exact du surplus. Catastrophe naturelle, épidémie, évènements sur la scène mondiale qui viennent ralentir l'économie nationale ou Ottawa qui se montre moins généreux dans ses transferts en santé sont tous des éléments qui peuvent faire fondre rapidement un excédent.

Les citoyens confrontés à une absence ou à une insuffisance de services dans les réseaux de la santé et de l'éducation trouveraient aussi choquant que Québec envisage de se priver de revenus alors qu'il ne comble pas adéquatement les besoins des jeunes, des malades et des personnes vivant dans les centres d'hébergement de soins de longue durée. 

Tous ceux qui ont dû assumer diverses hausses de taxes et de tarifs (services de garde, essence et électricité notamment) - la Coalition avenir Québec évalue la note moyenne à 1300 $ - seront tentés de conclure que les augmentations imposées depuis 2014 visaient en fait à permettre aux libéraux d'annoncer des baisses d'impôt pour les particuliers et les entreprises.

Si la rigueur budgétaire permet aujourd'hui une marge de manoeuvre au gouvernement, les compressions ont aussi fait réaliser à maints Québécois l'importance des services publics en santé et en éducation. Des milliers de personnes se sont mobilisées autour de l'école publique. D'autres défendent ardemment le système public de santé et accusent les libéraux de vouloir le privatiser ou de réduire le panier de services.

Que vaut une baisse d'impôt lorsqu'on doit payer des frais accessoires dans une clinique médicale, attendre des mois pour obtenir une chirurgie, payer davantage pour les services de garde, le transport scolaire, des soins à domicile et débourser des centaines de dollars au privé parce que son enfant en difficulté d'apprentissage ne peut obtenir rapidement des services professionnels à l'école?  Veut-on toujours vivre dans un Québec qui donne des chances de réussite scolaire à tous et qui soigne chacun indépendamment de son portefeuille?

Avant d'applaudir devant les promesses de baisses d'impôts, évaluons bien leur prix individuel et collectif.

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