La cour est pleine aux Transports

Loin de s'atténuer, l'attention s'accroît avec la lettre... (Photothèque Le Soleil, PC, Jacques Boissinot)

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Loin de s'atténuer, l'attention s'accroît avec la lettre transmise mardi par l'enquêtrice Annie Trudel aux membres de la CAP à laquelle la sous-ministre aux Transports, Dominique Savoie (photo), a participé avant d'être démise de ses fonctions.

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(Québec) ÉDITORIAL / La cour est pleine! Que le ministère des Transports ne tourne pas plus rondement après tous les rapports écrits sur lui par le vérificateur général, par Jacques Duchesneau et par la commission Charbonneau était déjà fort désolant et préoccupant. Qu'il soit en plus accusé, deux fois plutôt qu'une, d'avoir fourni des renseignements erronés aux parlementaires est tout à fait inadmissible.

Tous les moyens doivent être déployés pour faire la lumière, pour séparer le vrai du faux dans cette affaire retentissante digne d'un roman, pour garantir que la reddition de comptes n'est pas un exercice bidon et pour s'assurer également que de possibles règlements de comptes ne sont pas en train de noircir injustement la réputation du ministère. Le fonctionnement de ce ministère qui accorde des milliards de dollars de contrats année après année ne peut être pris à la légère. Il doit regagner la confiance du public.

Même si l'UPAC (Unité permanente anticorruption) est sur le coup, même si le Vérificateur général est mandaté pour enquêter, le travail qu'accompliront les prochains jours les membres de la Commission de l'administration publique (CAP) revêt son importance pour éclairer, du moins en partie, ce qui se passe aux Transports.

Pourvu, bien sûr, que les députés respectent le caractère non partisan de cette commission et placent au sommet les intérêts du Parlement, des citoyens et des contribuables, et non ceux de leur formation politique. Pourvu qu'ils évitent de se prendre pour des juges. Pourvu aussi que le commissaire anticorruption, Robert Lafrenière, ne soit pas le seul à qui ils poseront des questions (à huis clos, pour protéger des informations sensibles à une enquête). Comme pour l'UPAC et pour la vérificatrice générale, l'enquêtrice Annie Trudel est une incontournable pour la CAP et doit être entendue publiquement.

Aux grands maux, les grands moyens. Il était dès le départ singulier que l'ancien ministre des Transports, Robert Poëti, embauche l'enquêtrice Annie Trudel pour scruter le fonctionnement de son ministère. Mais sans son intervention, sans la divulgation des lettres transmises par M. Poëti et Mme Trudel faisant état d'irrégularités, l'attention ne serait pas braquée depuis plus de deux semaines sur le MTQ et personne ne chercherait à s'assurer que les pratiques du plus important donneur d'ouvrage ont été assainies.

Loin de s'atténuer, l'attention s'accroît avec la lettre transmise mardi par Mme Trudel aux membres de la CAP à laquelle la sous-ministre aux Transports, Dominique Savoie, a participé avant d'être démise de ses fonctions. L'enquêtrice déplore que la CAP publie sur le site de l'Assemblée nationale des documents erronés et relève des contradictions, notamment à propos de la fameuse clé USB transmise à l'UPAC.

«Celle-ci prétend que la clé USB comprenait tous les documents produits et/ou utilisés dans le cadre de mon contrat avec le ministère des Transports, ne doit, ni être rendue publique, ni être remise aux membres de la CAP. Pourtant, la CAP a donné son approbation pour publier un document intitulé Suivi des propositions d'amélioration de la consultante-mai 2016». Selon Mme Trudel, il serait plus juste et pertinent de rendre publics les documents originaux que ceux «fabriqués par les représentants du MTQ».

Les allégations sont graves. Rappelons que lors de l'audition de la sous-ministre Savoie devant la CAP, le député libéral Guy Ouellette s'était dit troublé par la présence de plusieurs versions d'un rapport d'audit.

Le ministre Daoust a donné mercredi en fin de journée sa version des faits. Par souci de transparence, dit-il. Plutôt un souci de discréditer l'enquêtrice, selon d'autres. Il faudra davantage pour dissiper le brouillard.

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