Moins de paperasse, plus de services?

Toute la paperasse, toutes les formalités, tous les... (Archives La Presse)

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Toute la paperasse, toutes les formalités, tous les rapports transmis des municipalités aux ministères depuis des décennies n'ont pas empêché pour autant les abus, les mauvais usages de fonds publics et la corruption.

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(Québec) ÉDITORIAL / Les villes et leurs employés ont sûrement mieux à faire pour servir les citoyens que de consacrer 4 % de leur temps de travail (2,5 millions d'heures par année) à remplir des formulaires et à produire des rapports. Que Québec simplifie le tout, qu'il instaure une «reddition de comptes qui compte» est fort bienvenu. À condition toutefois que les citoyens, les élus et tous les chiens de garde demeurent aux aguets. Oui, il faut faire confiance et éliminer les contrôles tatillons et inutiles. Mais la confiance, ça se mérite.

Avec les témoignages troublants entendus à la commission Charbonneau, avec les magouilles dévoilées à Montréal, à Laval et dans de plus petites villes, certains se demandent certainement si la simplification administrative annoncée cette semaine par le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, est sage.

Des élus et fonctionnaires municipaux ayant démontré qu'ils avaient bien peu de respect pour les contribuables et les deniers publics, certains estimeront qu'il est justifié que plusieurs ministères maintiennent un contrôle serré sur les activités des municipalités et exigent constamment des comptes.

Il faut bien admettre cependant que toute la paperasse, toutes les formalités, tous les rapports transmis des municipalités aux ministères depuis des décennies n'ont pas empêché pour autant les abus, les mauvais usages de fonds publics et la corruption. C'est bien beau d'empiler une foule de données, encore faut-il que des gens les lisent, les analysent, les interprètent et sonnent l'alarme si quelque chose cloche ou si des programmes et des pratiques se révèlent superflus ou incomplets.

Les employés, tant ceux des municipalités que du gouvernement, sont-ils vigilants? Sont-ils outillés pour dénoncer des pratiques douteuses ou du gaspillage? Les élus font-ils preuve de transparence? Les vérificateurs et autres chiens de garde ont-ils les moyens suffisants pour fouiller dans tous les recoins et accomplir leur travail? Les citoyens surveillent-ils leurs intérêts en s'intéressant à ce que font leurs conseillers et leur maire? Que ce soient dans les villes ou dans les ministères, fait-on une évaluation des programmes et des politiques pour s'assurer que les objectifs sont atteints et que les fonds publics sont utilisés à bon escient et servent bien les citoyens? Les médias ont également un rôle à jouer pour révéler les écarts et les combines des élus, des fonctionnaires et des entreprises. 

Le gouvernement répond positivement cette semaine aux doléances des acteurs municipaux. Ceux-ci ne sont cependant pas seuls à déplorer la lourdeur de la reddition de comptes qui les prive de temps et de ressources qui seraient plus utiles à d'autres fins. Le milieu de l'éducation, des commissions scolaires aux universités, réclame lui aussi des façons de faire moins lourdes et plus efficaces. La demande est d'autant plus pressante lorsque des compressions budgétaires limitent leur marge de manoeuvre.

L'Université Laval a estimé à 800 000 $ par année la somme qu'elle doit consacrer pour produire une cinquantaine de rapports au gouvernement que celui-ci ne lit pas toujours et dont il n'accuse même pas réception. La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université signalait de son côté l'an dernier que la hausse de la masse salariale dans les directions universitaires est en partie attribuable à l'augmentation du nombre d'employés administratifs dédiés à la rédaction de 200 rapports annuels que chaque établissement doit acheminer au ministère de l'Enseignement supérieur.

Personne n'a chiffré le nombre d'heures ainsi mobilisées. S'ajoutent celles du secteur de la santé. À quand - reprenons ici l'expression de M. Coiteux - des redditions de comptes qui comptent, pas celles qui ne servent pas?

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