Énergie Est: pas sur ma terre

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Des mainifestants perturbent les audiences du BAPE sur Énergie Est, à Lévis, début mars.

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(Québec) ÉDITORIAL / Au «pas dans ma cour» s'ajoute le «pas sur ma terre». L'Union des producteurs agricoles (UPA) s'oppose à son tour au projet d'oléoduc Énergie Est. Un refus qui en dit long sur toutes les conditions que devrait normalement remplir TransCanada pour rendre son projet acceptable et compatible avec d'autres activités - aux retombées économiques importantes - sur le territoire québécois.

Dans le mémoire qu'elle avait préparé pour le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et qu'elle vient de rendre public, l'UPA relève et déplore la contradiction entre le projet de pipeline et les engagements des élus canadiens et québécois de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle passe néanmoins rapidement aux enjeux que l'oléoduc soulève pour ses membres, producteurs agricoles et forestiers, pour les régions et pour l'économie du Québec.

TransCanada et ses partisans font miroiter des retombées économiques. Quelque 4000 emplois pendant les sept années de planification et de construction, et près de 2 milliards $ de revenus fiscaux pour les 20 premières années d'exploitation. L'UPA joue la même carte et rappelle l'apport de ses membres trop souvent ignoré. Reprenons quelques chiffres cités dans le mémoire.

En 2014, le secteur agricole québécois a généré 8,1 milliards $ de recettes, ce qui en fait la plus importante activité du secteur primaire au Québec. L'agriculture, ce sont 28 422 entreprises qui fournissent de l'emploi à 55 800 personnes et qui investissent 620 millions $ dans l'économie régionale. Des activités auxquelles s'additionnent celles de 35 000 producteurs forestiers qui récoltent annuellement pour plus de 250 millions $ de matière ligneuse générant un chiffre d'affaires de 2,1 milliards $ aux usines de transformation. L'UPA estime «qu'en matière d'emplois et de produit intérieur brut créés, les investissements réalisés en agriculture surpassent ceux effectués dans l'extraction minière, pétrolière et gazière».

L'UPA, dont les terres de ses membres sont souvent convoitées pour d'autres usages (routes, parc éolien, ligne électrique), prend soin de préciser que c'est la première fois qu'elle s'oppose à un projet énergétique. Elle estime que le projet Énergie Est comporte trop de risques et que trop de questions demeurent sans réponse.

Quelle est la compensation pour le droit de passage? Qui fait quoi en cas de fuite? Quels sont les dédommagements si les nappes d'eau et les sols sont contaminés? Est-ce que les agriculteurs perdront la protection de leur assureur ou verront leur prime en hausse? Quel est l'impact pour les producteurs qui possèdent une certification biologique? Est-il possible d'enfouir l'oléoduc plus profondément pour éviter que des agriculteurs l'endommagent en procédant à des travaux?

L'UPA souhaite que le BAPE obtienne des réponses. Elle tente aussi d'en obtenir directement de TransCanada dans le cadre de pourparlers entrepris pour convenir d'une entente-cadre si le projet Énergie Est obtenait un jour le feu vert des autorités.

Les questions du milieu agricole s'ajoutent à celles des municipalités et des écologistes. Les craintes exprimées et les garanties exigées montrent une fois de plus l'importance d'avoir des processus d'évaluation indépendants et crédibles.

Malheureusement, la façon de faire du gouvernement Couillard et de TransCanada dans ce dossier n'a rien pour rassurer et apaiser les inquiétudes. Lundi, une trentaine de groupes écologistes jugeaient impossible que l'entreprise puisse produire une étude d'impact crédible dans un délai de six semaines. Une telle étude prend habituellement des mois, voire plus d'une année.

Plus le temps passe, plus on s'éloigne de l'acceptabilité sociale. Et dans ce dossier, milieux urbains et ruraux semblent se rejoindre.

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