L'école de 4 à 18 ans

La Coalition avenir Québec de François Legault préconise l'école... (123rf/Dmitriy Shironosov)

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La Coalition avenir Québec de François Legault préconise l'école de 4 à 18 ans, plutôt que de 5 à 16 ans, et pousse ses adversaires à se positionner.

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(Québec) ÉDITORIAL / Si le Québec décidait de devancer d'une année l'âge d'entrée à l'école et de rendre l'instruction obligatoire jusqu'à 18 ans, il devrait par ailleurs s'engager à mettre les ressources humaines et financières nécessaires pour que ce parcours scolaire allongé puisse se traduire par des taux de réussite et de diplomation plus élevés. S'engager de plus à maintenir des centres de la petite enfance (CPE) pour les moins de quatre ans. Sinon, à quoi bon?

L'école de 4 à 18 ans, plutôt que de 5 à 16 ans. La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault le préconise et pousse ses adversaires à se positionner. Il est heureux que les élus discutent d'enjeux en éducation qui dépassent les débats de structures, d'abolition ou non d'élections et de commissions scolaires. Encore faut-il que les élus évitent les raccourcis et n'escamotent des prérequis par pure partisanerie. La meilleure idée peut vite tourner en échec. 

Le Québec a déjà du mal à répondre adéquatement aux besoins de tous les jeunes. Le taux de décrochage demeure élevé, et l'intégration des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation connaît des ratés et constitue le problème numéro un dans les écoles primaires et secondaires. 

Avant d'accueillir plus de jeunes dans le réseau scolaire, assurons-nous de leur fournir ce dont ils auront besoin. Des écoles non délabrées, de bons programmes, de bons enseignants, des orthophonistes, des orthopédagogues, des services spécialisés et d'orientation pour permettre à chaque enfant d'apprendre, de progresser, de cheminer avec succès, qu'importe son milieu d'origine. 

On l'a vu par le passé et encore présentement, lorsqu'un gouvernement coupe en éducation ou que le budget consenti ne couvre guère plus que les coûts de système, les enfants, particulièrement ceux en difficulté, écopent. La proposition de la CAQ exige des fonds supplémentaires et plus encore.  Allonger le parcours scolaire n'est pas une panacée si l'éducation n'est pas davantage valorisée dans les familles et dans la société, si le personnel requis n'est pas au rendez-vous, si le contenu des cours n'est pas stimulant et si les élèves en difficulté n'ont pas droit à un suivi personnalisé et serré.

On a beau regarder hors des frontières québécoises, constater que les élèves de l'Ontario, de la France, de la Suède font leur entrée en classe à quatre ans, et que d'autres, notamment aux États-Unis et en Ontario, gardent les jeunes sur les bancs d'école jusqu'à 18 ans, importer un seul élément de leur recette ne garantit pas un succès ici. C'est aussi important de s'entendre sur les objectifs visés. La note de passage est par exemple de 50 % en Ontario, comparativement à 60 % au Québec. Veut-on procéder ainsi si on applique le modèle de l'école de 4 à 18 ans?

Il y a aussi une autre dimension incontournable au Québec : la présence de services de garde éducatifs subventionnés pour les enfants de moins de cinq ans. Ce n'est pas défendre le «syndicat des CPE», comme le dit M. Legault, de s'interroger sur le sort des services préscolaires. Le gouvernement libéral, sous Charest ou Couillard, a créé plus de places dans les garderies privées subventionnées et non subventionnées que dans les centres de la petite enfance, où la qualité est davantage au rendez-vous. L'implantation de classes de prématernelle quatre ans ne doit pas devenir un prétexte pour abandonner les CPE. La prévention et le dépistage demeurent importants avant quatre ans.  

En 2012, le Conseil supérieur de l'éducation souhaitait que 90 % des enfants de quatre ans fréquentent les services d'éducation réglementés par l'État, services de garde ou écoles, en 2017. Il suggérait d'accorder la priorité aux enfants issus de milieux défavorisés. Son avis demeure pertinent.

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