Couper pour réinvestir

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En annonçant dans le dernier budget Leitão un réinvestissement de la maternelle à l'université, on pouvait croire que le gouvernement Couillard avait enfin réalisé que les compressions avaient des limites. Or, déception à l'étude des crédits cette semaine.

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(Québec) ÉDITORIAL / L'acteur de premier rôle change au ministère de l'Éducation, mais le scénario joué semble être le même. Trente-huit millions de dollars de «mesures d'optimisation» devront être dénichés au Ministère et dans les commissions scolaires. Reprenant le texte de ses prédécesseurs, le ministre Sébastien Proulx assure que les services aux élèves seront protégés. On espérait plus qu'une reprise.

En annonçant dans le dernier budget Leitão un réinvestissement en éducation, de la maternelle à l'université, on pouvait croire que le gouvernement Couillard avait enfin réalisé que les compressions dans un secteur aussi important et sensible avaient des limites, qu'elles pouvaient même être dommageables pour certains jeunes. 

Certes, le réinvestissement était modeste. Le budget était haussé de 3 %. Une majoration qui couvre les coûts de système (les augmentations de salaire, les coûts de chauffage, etc.) et qui laisse une marge de manoeuvre bien mince pour d'autres initiatives. Néanmoins, il y avait place à un peu d'optimisme, 3 %, c'est mieux que le maigre 0,5 % de l'année précédente. 

Or, déception à l'étude des crédits cette semaine. Le ministre Proulx confirme qu'il compte sur le ministère et les commissions scolaires pour dégager 38 millions $. Pour que se concrétise le réinvestissement de 109 millions $, il faudra retrancher cette somme quelque part.

Il reste de la place, selon le ministre, même s'il reconnaît que «ce n'est plus ce que c'était en termes de marge de manoeuvre». Il affirme de plus que «personne n'est en mesure de dire comment ça va se déployer». Ce qui ne l'empêche pas de soutenir que les services aux élèves seront protégés. Pensée magique. Au cours de la dernière année, les histoires d'enfants en attente de services dans les écoles ont été nombreuses. Les lacunes ne se comblent pas du jour au lendemain.

Bien sûr, il y a toujours moyen d'améliorer les façons de faire. Des acteurs rappellent toutefois que les frais de gestion dans les commissions scolaires varient entre 3 et 4,5 % et sont les plus bas dans les services publics et parapublics. Les compressions de 1 milliard $ des cinq dernières années ont déjà entraîné un cumul de tâches et de postes. Des cadres doutent que les services aux élèves restent intacts.

La population va-t-elle se faire rejouer le même film? Le rôle du ministre de l'Éducation se limitera-t-il à convaincre les Québécois que son gouvernement réinvestit vraiment en éducation, et non qu'il se contente de brasser des sommes, qu'il coupe à une place pour ensuite prétendre qu'il investit à une autre? 

Jeudi, on apprenait que les compressions seraient moins lourdes à la Commission scolaire de Montréal et que des dizaines de postes de professionnels seraient préservés. Une bonne nouvelle assombrie toutefois par une autre révélant que Québec a réduit de 25 % le financement d'Agir autrement, un programme visant la persévérance scolaire. On gagne d'un côté, on perd de l'autre, sans savoir si la décision de couper dans le programme s'appuie sur une évaluation.

Le ministre souligne qu'il y a plus d'un programme pour contrer le décrochage scolaire. Il dit vouloir laisser aux écoles la flexibilité pour choisir celui qui leur convient. Une formule prometteuse, mais qui s'inscrit difficilement avec le dernier budget où sont détaillées les mesures du plan pour la réussite en éducation qui profiteront d'un réinvestissement. La marge de manoeuvre paraît là aussi limitée.

Philippe Couillard a reconnu jeudi qu'il y a trop de rigidité dans l'attribution des budgets aux écoles. Il avance qu'il y aura correction dans les prochaines règles budgétaires. On verra si la position gouvernementale changera d'ici là.

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