La prudence est de mise

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Comment va-t-on traiter les cas de personnes souffrant de maladie mentale, ceux de mineurs matures atteints d'une maladie incurable et les demandes anticipées d'aide médicale à mourir? Ottawa a promis des études sur ces enjeux.

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(Québec) ÉDITORIAL / Trop loin pour certains, pas assez pour d'autres. Le projet de loi sur l'aide médicale à mourir proposé par le gouvernement Trudeau comporte il est vrai des lacunes, des zones floues - comme ce concept de mort raisonnablement prévisible - qui inciteront probablement d'autres malades à s'adresser aux tribunaux. Mais lorsqu'il s'agit de vie et de mort, la sagesse et la mesure dont font preuve les libéraux sont préférables à la précipitation et aux décisions irréfléchies.

Cette approche prudente est souhaitable pourvu, bien sûr, que le gouvernement ne considère pas son travail complété avec l'adoption du projet de loi C-14 en juin. Des éléments importants resteront en suspens. Comment va-t-on traiter les cas de personnes souffrant de maladie mentale, ceux de mineurs matures atteints d'une maladie incurable et les demandes anticipées d'aide médicale à mourir? Ottawa a promis des études sur ces enjeux. Celles-ci doivent être menées avec sérieux, sans devenir un prétexte pour repousser les décisions. 

On a trop vu par le passé les parlementaires procrastiner sur l'aide médicale à mourir et le suicide assisté. Des malades ont dû plaider leur cause devant la Cour suprême pour forcer Ottawa à légiférer. Kay Carter a réussi. Des articles du Code criminel ont été jugés inconstitutionnels et Ottawa a jusqu'au 6 juin pour apporter les correctifs. 

Avant Mme Carter, il y avait eu en 1993 Sue Rodriguez. S'ajoutent à elles les tristes histoires de gens jugés criminels pour avoir aidé un parent souffrant à devancer sa mort. S'ajoutent les suicides de malades, incapables ou jugeant indigne d'eux d'attendre une mort naturelle. À cette réalité, il y a celle de personnes handicapées ou atteintes de maladies incurables qui tiennent malgré tout à la vie et qui ne veulent pas que la société les pousse précipitamment vers la sortie. 

Les parlementaires, à l'exception de ceux du Québec, ont préféré ne pas entendre ces voix même si depuis 20 ans les mentalités, les valeurs, les besoins des malades et la science ont évolué. Ils ont fui l'exigeant débat nécessaire afin de légiférer pour respecter les droits des uns et des autres, leur dignité, et poser les balises requises pour éviter les abus et les dérives. 

Malgré l'urgence de la situation, les conservateurs de Stephen Harper ont tardé à prendre leurs responsabilités et à traiter ce délicat dossier. Les libéraux en ont hérité et ont eu peu de temps pour donner une réponse à l'arrêt Carter. Six mois, c'est bien court. Le Québec a mis six ans pour aboutir à sa loi concernant les soins de fin de vie. Six ans de consultations, de réflexion et de travaux législatifs pour parvenir à une voie de passage largement consensuelle.

Comment croire que le gouvernement Trudeau aurait pu foncer vers un cadre beaucoup plus permissif que le Québec sans risquer des levées de boucliers? Certains soutiennent que la Cour suprême ouvrait la porte à l'aide à mourir aux malades chroniques et aux personnes handicapées. La ministre de la Justice, Jody Wilson-­Raybould, retient plutôt que l'aide à mourir vise les personnes en fin de vie et assure que son projet de loi survirait à une contestation sur la base de la Charte des droits et libertés. Elle est même prête à publier l'analyse réalisée par son ministère.

Le travail législatif s'accompagne d'une autre obligation : l'amélioration des soins de santé et des soins palliatifs à travers le pays. La ministre de la Santé, Jane Philpott, s'y engage. L'aide à mourir doit demeurer le choix d'une infime minorité d'individus. Il faut à tout prix éviter que des personnes viennent à réclamer l'aide médicale à mourir ou le suicide assisté faute de services adéquats pour calmer leurs souffrances physiques et mentales.

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