Rattrapage en éducation

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Il incombe au ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, de corriger le tir, de donner une direction claire et de rétablir la confiance des acteurs du milieu scolaire et de la population avant le rendez-vous électoral de 2018

Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) ÉDITORIAL / La façon dont le gouvernement Couillard a assumé ses responsabilités en éducation au cours des deux dernières années est si désolante et si incohérente que Sébastien Proulx - le quatrième ministre de l'Éducation depuis 2014 - mérite des félicitations pour ne pas précipiter la réforme de la gouvernance scolaire. Il dit vouloir prendre du temps pour réfléchir aux aménagements à donner au projet de loi 86 afin de l'inscrire dans une perspective de réussite scolaire. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

M. Proulx a indiqué mercredi qu'il ne tenait pas à tout prix à ce que la réforme lancée en décembre par François Blais s'applique dès la rentrée de septembre. Il se dit «conditionné par la qualité du travail qu'on veut faire et par la réussite des élèves». Voilà une position sage. Voilà l'occasion de corriger les erreurs commises depuis deux ans en éducation.

Impossible de croire que l'éducation est une priorité pour ce gouvernement libéral lorsqu'on refait le fil des événements. Coupes budgétaires qui affectent les élèves les plus vulnérables pour ensuite réinvestir pour réparer les pots cassés. Contradictions, manque de vision, maladresses et insensibilité des ministres Yves Bolduc et François Blais. Projet de réforme de la gouvernance alambiqué qui dit une chose et son contraire, qui permet des élections scolaires sur demande et qui accorde un pouvoir de taxation à un conseil d'administration.

En fait, la principale réalisation des libéraux dans le domaine de l'éducation primaire et secondaire depuis 2014 est d'avoir réussi à mobiliser la population autour de l'école publique. L'inaction du gouvernement devant certaines problématiques, et son action néfaste dans d'autres, a réveillé bon nombre de parents et de citoyens et rappelé qu'une société qui néglige l'éducation de tous ses enfants se prépare un sombre avenir.

Ayant hérité de l'Éducation à cause des problèmes de santé de Pierre Moreau, il incombe à Sébastien Proulx de corriger le tir, de donner une direction claire et de rétablir la confiance des acteurs du milieu scolaire et de la population avant le rendez-vous électoral de 2018. En s'en tenant au projet de loi et à l'échéancier établis par son prédécesseur, M. Proulx risquerait un échec. Ce que veut sûrement éviter le jeune ministre.

Éprouvant de sérieuses difficultés à atteindre la cible des 250000 emplois promis, associée aux faiblesses éthiques du gouvernement Charest, l'équipe de Philippe Couillard a bien besoin d'une bonne note à son bulletin dans une discipline. M. Proulx devra travailler très fort.

Le projet de loi 86 s'est attiré de nombreuses critiques qui vont bien au-delà de la défense du statu quo, des intérêts corporatistes et de la résistance au changement. Lorsque des chercheurs soutiennent qu'on ne peut compter sur le chambardement de structures et la redistribution des rôles pour accroître la réussite des élèves, Québec ne peut continuer de prétendre que l'objectif de sa réforme est la réussite.

Lorsque le Conseil supérieur de l'éducation conclut que même si les intentions du projet de loi s'inscrivent dans le sens d'une décentralisation, il constate objectivement l'opposé, soit plus de pouvoir au ministre, il devient gênant de répéter que la réforme vise à donner une voix plus forte aux parents et aux directions d'école.

Le Conseil mais aussi la Commission des droits de la personne et le Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire craignent de plus que les changements proposés entraînent des inégalités. Pour un premier ministre qui s'engageait à son arrivée à protéger les plus vulnérables et qui voulait éviter que de petits Mozart soient assassinés, ne pas apporter des changements majeurs au projet de loi 86 et ne pas se centrer sur la réussite enverrait un message contradictoire.

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