Qui souffle sur les braises?

Le Québec a besoin des immigrants pour répondre... (La Presse Canadienne, Andrew Vaughan)

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Le Québec a besoin des immigrants pour répondre au recul de sa population en âge de travailler, pour éviter que son poids démographique ne baisse davantage, pour fournir la main-d'oeuvre à des secteurs affectés par une pénurie et pour contribuer à sa vitalité économique, sociale et culturelle.

La Presse Canadienne, Andrew Vaughan

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(Québec) ÉDITORIAL / Le Québec se tirerait dans le pied s'il adhérait à un mouvement anti-immigration. En ne répondant pas aux préoccupations de ceux qui s'inquiètent de l'intégration et de la francisation des immigrants, les accusant même de souffler sur les braises de l'intolérance, le premier ministre Philippe Couillard risque malheureusement d'accentuer les craintes et d'alimenter le mouvement dont il veut préserver le Québec.

Le Québec a besoin des immigrants pour répondre au recul de sa population en âge de travailler, pour éviter que son poids démographique au sein du Canada ne baisse davantage, pour fournir la main-d'oeuvre à des secteurs affectés par une pénurie et pour contribuer à sa vitalité économique, sociale et culturelle. Bien sûr, l'immigration n'est pas l'unique moyen d'atteindre ces objectifs, mais son apport est important.

Il l'est à la fois pour le Québec et pour tous les autres provinces et pays qui comptent sur les nouveaux arrivants. D'où la nécessité d'être attrayant, accueillant et de s'assurer d'une intégration réussie qui fera que des hommes et des femmes choisiront le Québec, y resteront et contribueront pleinement à son développement dans toutes les régions.

Avec la politique en matière d'immigration, de participation et d'inclusion dévoilée lundi, la ministre Kathleen Weil tente de mieux positionner le Québec, d'accélérer le traitement des demandes et de les arrimer aux besoins du marché du travail. Elle ne fait toutefois pas fi des exigences et des écueils.

«Malgré une tendance forte depuis plusieurs décennies en faveur d'une ouverture à l'égard de l'immigration, des inquiétudes d'ordre linguistique demeurent présentes en raison du statut minoritaire de la francophonie en Amérique du Nord, auxquelles s'ajoutent des inquiétudes d'ordre culturel, social, économique, politique et sécuritaire, particulièrement depuis la décennie 2000. Dans ce contexte, les gouvernements doivent chercher à comprendre les causes de ces inquiétudes, plutôt que de chercher à les nier, ce qui risque de les attiser», lit-on dans la section consacrée à la consolidation des liens de confiance et de solidarité.

Le chef libéral aurait intérêt à suivre cette mise en garde plutôt que d'accuser ses adversaires d'intolérance lorsqu'ils exposent des ratés. Que bon nombre d'immigrants ne parlent pas français- la langue commune - et ne prennent pas de cours pour l'apprendre, que certains peinent à dénicher un emploi, que d'autres doivent se contenter d'emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, que des milliers quittent le Québec pour d'autres contrées, sont des préoccupations légitimes qui ne témoignent pas d'un penchant pro-Trump ou pro-Le Pen ni d'un rejet de l'immigration, ni d'un repli sur soi.

La nécessité de combler des failles et d'apaiser les craintes est d'autant plus grande lorsque le premier ministre propose de hausser de 50000 à 60000 le nombre de personnes qui immigreraient chaque année. L'urgence économique évoquée pour accélérer l'accueil ne doit pas justifier des raccourcis ou un laisser-aller, notamment pour la francisation des nouveaux arrivants. Les bonnes intentions exprimées dans la politique doivent être accompagnées de moyens d'accompagnement sur le terrain.

On peut certes reprocher au Parti québécois et à la défunte Action démocratique du Québec, dont certains membres se trouvent aujourd'hui à la Coalition avenir Québec, d'avoir par le passé fait vibrer la corde identitaire des Québécois en opposant la langue et les «valeurs» de la majorité, à celles des immigrants, et ce, à des fins purement électoralistes. Aux mêmes fins, on peut accuser les libéraux de ne pas vouloir indisposer les immigrants, les anglophones et les gens d'affaires. Ces calculs politiques nuisent au Québec.

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