Universités: l'apport des étrangers

Faudra-t-il des chaînes humaines autour des universités pour... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Faudra-t-il des chaînes humaines autour des universités pour que le gouvernement réalise que des compressions ne sont pas toujours sans conséquence et que le Québec risque de se tirer dans le pied en n'investissant pas suffisamment en éducation, y compris en enseignement supérieur et en recherche, et en n'attirant pas ici des étudiants étrangers?

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) ÉDITORIAL / L'espoir aura été de courte durée dans les universités. Le premier ministre Philippe Couillard disait la semaine dernière que son nouveau ministre de l'Enseignement supérieur devait «soutenir nos universités afin qu'elles puissent rayonner ici et partout dans le monde». Un mandat qui s'arrime mal avec le scénario de nouvelles compressions et de hausse des droits de scolarité des étudiants étrangers qui circule présentement.

Faudra-t-il des chaînes humaines autour des universités, comme autour des écoles publiques, pour que le gouvernement réalise que des compressions ne sont pas toujours sans conséquence et que le Québec risque de se tirer dans le pied en n'investissant pas suffisamment en éducation, y compris en enseignement supérieur et en recherche, et en n'attirant pas ici des étudiants étrangers?

Selon La Presse, Québec envisage d'imposer d'autres restrictions aux universités en 2016-2017. Pour atténuer le choc, celles-ci pourraient en contrepartie augmenter de 25 % la facture des étudiants étrangers qui viennent se former à Québec, à Montréal, à Rimouski, à Saguenay (Chicoutimi) ou à Sherbrooke.

C'est une façon pour le gouvernement de faire avaler une autre pilule amère aux universités tout en évitant de soulever un tollé chez les Québécois, comme lors du printemps érable de 2012. Pourquoi les contribuables québécois devraient-ils continuer de payer quelque 240 millions $ pour des jeunes d'autres pays dont un bon nombre retourneront chez eux pour faire carrière en génie, en administration, en droit ou en médecine? La manoeuvre du gouvernement est habile. Mais, rien ne garantit que les universités se porteront mieux et que les étudiants québécois ne seront pas affectés par les compressions gouvernementales.

Il est certes nécessaire d'actualiser la tarification des services offerts aux étudiants étrangers. Tant la commission Robillard sur la révision des programmes que le chantier sur le financement des universités mené après le Sommet sur l'enseignement supérieur de 2013 ont plaidé en faveur d'une révision à la hausse. L'exercice doit toutefois être mené avec soin pour que les économies espérées n'entraînent finalement des pertes si le Québec perd son pouvoir d'attraction auprès des étudiants et des diplômés hautement qualifiés, pour que l'internationalisation des programmes ne décline et pour que le rayonnement des institutions québécoises ne pâlisse.

De quelle ampleur seront les compressions? Celles-ci pourront-elles être totalement compensées par une hausse de la facture des étudiants internationaux étant donné qu'on ne peut prédire quelle sera leur réaction? L'attraction pour les universités du Québec va-t-elle demeurer si les frais exigés sont majorés de 25 % ou les jeunes concluront-ils qu'il vaut mieux étudier au Canada anglais, en Europe ou rester dans son pays? Le pari comporte une part de risques, particulièrement pour les universités francophones.

Quelle était la part de l'effectif étranger (hors Canada) dans l'effectif total des universités en 2012-2013? De 45 % à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), de 19,5 % à l'Université McGill, de 16,5 % à HEC Montréal, de 25,6 % à l'École Polyclinique, de 8,5 % à l'Université de Montréal, de 6,1 % à l'Université Laval, de 8 % à l'Université du Québec à Rimouski et de 6,3 % à l'Université de Sherbrooke. On comprend la prudence des recteurs. Ils peuvent certes renflouer leurs coffres s'ils réclament plus pour la formation. Ils perdent si l'avantage comparatif qu'avait le Québec diminue et pousse des étudiants ailleurs.

Il faudra voir également si le gouvernement compte augmenter la facture des étudiants étrangers qui viennent dans nos cégeps pour y recevoir une formation technique. Ils sont environ 2500 à le faire chaque année. La venue de ces étudiants permet de maintenir des programmes en région, en plus, dans certains cas, de fournir du personnel spécialisé à des entreprises aux prises avec une rareté de main-d'oeuvre. Tout ça doit faire partie de l'équation.

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