Taxi et Uber: situation explosive

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(Québec) ÉDITORIAL / Il vient à peine de débarquer à la tête du ministère des Transports, mais le temps presse déjà pour Jacques Daoust. Le ministre doit accélérer la cadence et proposer une solution au différend qui oppose l'industrie du taxi et Uber. Québec doit éviter que ce conflit entre une industrie réglementée et une autre qui se prétend de «l'économie de partage» dégénère.

Le premier ministre Couillard et son nouveau ministre des Transports auraient avantage à suivre le conseil du maire d'Edmonton qui vient d'encadrer le service de transport Uber. Selon Don Iveson, «ce sont des décisions difficiles, mais faire traîner en longueur un grand changement, une fois que vous avez suffisamment d'informations pour prendre des décisions, ne sert pas les gens en général».

Lorsque des chauffeurs de taxi manifestent et envisagent de bloquer des ponts, lorsqu'ils organisent des escouades anti-Uber, demandent au public de dénoncer les travailleurs au noir et s'adressent aux tribunaux pour défendre leur gagne-pain, la situation est explosive et le gouvernement doit intervenir rapidement. Dire qu'Uber agit dans l'illégalité, saisir des voitures et compter sur des projets-pilotes ne suffit plus. Il faut espérer que le travail a progressé ces derniers mois au Ministère, et ce, même si Robert Poëti et Philippe Couillard ne partageaient pas le même avis sur Uber. M. Daoust doit soumettre sous peu un plan qui apaisera les parties.

L'industrie du taxi est depuis longtemps réglementée. Québec définit aussi ce qu'est le covoiturage. Le gouvernement a deux choix. Il prend tous les moyens pour faire respecter la réglementation qui oblige les chauffeurs à obtenir des permis, à détenir des assurances, à respecter une tarification et à remplir diverses obligations, ou il la modifie et fixe des conditions de transition. Ce n'est ni à l'industrie ni à Uber d'imposer les règles du jeu par intimidation ou au nom d'un progrès technologique ou du «covoiturage citoyen».

L'industrie du taxi défend ses intérêts, Uber, les siens. Québec doit viser le bien commun, un service de transport amélioré pour les consommateurs, mais avec des règles équitables pour tous les acteurs, notamment celle de payer impôts et taxes, et d'assurer la sécurité des passagers. Québec ne doit pas attendre que des tribunaux lui dictent quoi faire. 

Uber a commenté dimanche par communiqué la demande d'injonction du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos qui veut faire désactiver l'application Uber sur le territoire québécois et faire déclarer le service illégal. L'entreprise considère cette requête comme une poursuite protectionniste visant à préserver le monopole de l'industrie du taxi au détriment des consommateurs.

«Nous croyons que les Québécois méritent une option alternative de transport sécuritaire, fiable et abordable et que le taxi traditionnel et le covoiturage urbain peuvent se compléter mutuellement pour mieux servir les besoins des usagers», soutient Uber. Comme cela est bien dit, mais comme cette formule est trompeuse. 

Qui peut s'opposer à une option alternative de transport sécuritaire, fiable et abordable? Qui peut être contre le covoiturage urbain? Uber joue effrontément sur les mots. Peut-on vraiment parler de covoiturage lorsqu'on propose de devenir chauffeur Uber et de travailler à son compte? Une entreprise, même si l'application qu'elle propose est innovatrice et répond aux besoins de 2016, peut-elle vraiment prétendre à un service de transport sécuritaire, fiable et abordable si les obligations pour les assurances, la formation des chauffeurs, l'inspection des véhicules sont fixées par elle ou laissées à la guise des chauffeurs? Abordable une tarification «dynamique» qui peut atteindre un sommet vertigineux la nuit du Nouvel An ou lors d'une grève des transports en commun? Mieux servir les usagers, c'est d'abord jouer franc-jeu.

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