Une offensive contre les femmes?

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Si la FIQ semble sortir gagnante de ses négociations avec le gouvernement, le droit à l'équité salariale ne devrait pas se négocier.

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(Québec) ÉDITORIAL / Le droit à l'équité salariale ne devrait pas se négocier, mais c'est pourtant ce qui s'est produit lors des négociations entre le gouvernement Couillard et les syndicats du secteur public. Si la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) semble sortir gagnante de l'opération, notamment les infirmières qu'elle représente, la façon de procéder du Conseil du trésor soulève néanmoins des questions.

En menant en même temps l'exercice de maintien de l'équité salariale (qui doit se réaliser tous les cinq ans), le renouvellement des conventions collectives de 500 000 employés et le dossier de la relativité salariale, il y a un danger de perdre de vue des corps d'emploi qui n'ont pas la faveur populaire, mais qui peuvent néanmoins être sous-payés parce qu'ils sont occupés majoritairement par des femmes. La tentation de marchander devient grande tant pour l'État-employeur que pour les syndicats.

Cette semaine, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a accusé le gouvernement Couillard de mener une offensive contre les femmes, de s'en prendre à leur droit à l'équité salariale. L'organisation ne prise pas que le Conseil du trésor lui impose une entente conclue avec la FIQ sur le rangement d'une catégorie d'emploi (infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes) et qu'il exige qu'elle retire les plaintes déposées à la Commission de l'équité salariale, pour l'exercice de maintien de l'équité de 2010.

Le front commun (CSN, CSQ, FTQ et Syndicat de la fonction publique) a accepté cette condition et recommande l'entente de principe conclue avec Québec. La FSSS est seule à suggérer son rejet. Offensive contre les femmes ou frustration d'une organisation syndicale qui s'est fait dépasser par une autre qui n'a pas eu besoin de recourir à la grève?

Ce n'est pas la première fois que le dossier de l'équité crée des remous dans les rangs syndicaux. Avant même la Loi sur l'équité salariale, adoptée en 1996, le sujet avait divisé le Syndicat des professionnelles et des professionnels du gouvernement du Québec dans les années 80. À la demande du Conseil du trésor, celui-ci avait accepté d'abandonner les plaintes formulées devant la Commission des droits de la personne, au nom de professionnelles qui s'estimaient victimes de discrimination salariale fondée sur le sexe. Les femmes avaient maintenu leurs plaintes.

Aujourd'hui, la FIQ estime ne pas avoir vendu son âme au diable en retirant ses plaintes. Elle dit avoir trouvé un accord satisfaisant dans un processus de conciliation prévu à la loi, plutôt que de miser sur des plaintes dont l'issue est incertaine et lointaine. En plus des augmentations salariales versées à tous les salariés du secteur public, les membres de la FIQ toucheront une hausse supplémentaire moyenne de 5 % en 2018.

La FIQ pouvait faire ce choix pragmatique, mais Québec pouvait-il utiliser cette première entente pour faire pression sur le front commun et exiger que leurs plaintes soient abandonnées avant de parler d'augmentation de salaire à la table de négociations?

En juin, le front commun s'opposait fermement au gouvernement qui soutenait qu'il devait régler les plaintes sur l'équité avant d'engager des négociations sur la rémunération. Ce n'est pas à la table centrale, mais bien devant la Commission qu'on règle ces plaintes, précisait le front commun. Six mois plus tard, il faisait une autre évaluation. La FSSS ne la partage pas, notamment à cause de l'absence de rétroactivité pour la période entre 2010 et 2017.

Mardi, le ministre Martin Coiteux a averti qu'il ne négociera pas une autre entente. «L'équité salariale ça ne se négocie pas et ça ne se décrète pas non plus», disait une ancienne présidente de la Commission de l'équité salariale, Rosette Côté. À suivre.

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